19/12/2016

La dinde

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Un mot incontournable à l'approche de Noël.

 

En Europe, la dinde a été introduite et domestiquée au XVIème siècle, ramenée par les Espagnols qui avaient conquis l'Empire aztèque (aujourd'hui le Mexique). En français, notre volaille était autrefois affublée du nom de "poule d'Inde", le terme "Inde" étant à considérer, conformément aux idées de l'époque, comme synonyme d'"Amérique", c'est-à-dire d'"Indes occidentales".¹ La dénomination West Indies est d'ailleurs encore utilisée aujourd'hui par les anglophones pour désigner les Antilles. Poule "d'Inde" a bien sûr donné plus tard "dinde".

 

En 1620, les pères fondateurs anglais débarquèrent en plein hiver à Plymouth (actuellement dans le Massachussetts) à bord du Mayflower. C'est là que les Indiens leur apprirent à chasser la dinde sauvage (photo de couverture), ce qui permit à ces nouveaux arrivants d'ajouter quelques protéines bienvenues à leur alimentation pour pouvoir affronter le climat rigoureux. Les Indiens apprirent aussi à ces colons à cultiver le maïs. En 1623, pour remercier les Indiens, les Anglais qui avaient survécu organisèrent un grand repas. Ce repas eut lieu le 24 novembre. C'est ainsi qu'est née la tradition américaine de célébrer ce jour-là Thanksgiving, un repas où la dinde tient le rôle principal. Au Canada, Thanksgiving est nommé Action de Grâce, fêtée le deuxième lundi d'octobre. Pour la petite histoire, comme la dinde avait joué un rôle important dans l'alimentation des premiers colons américains, Benjamin Franklin écrivit en 1784, dans une lettre à sa fille, que ce volatile, quoique peureux et fort peu gracieux, méritait d'être le symbole des États-Unis.² Mais ce fut finalement l'aigle (pygargue à tête blanche), plus majestueux, qui fut choisi pour être l'oiseau national.

 

Chez nous, on mange de la dinde à Noël, le 24 ou le 25 décembre. La tradition est de la farcir avec des marrons. Les autres jours de l'année, la dinde se mange également, mais pas entière, généralement sous la forme d'escalope.

Au sens figuré, le terme "dinde" désigne une jeune fille ou une femme niaise, en référence au caractère considéré comme stupide de l'animal.

 

La dinde est la femelle du dindon, grand oiseau de bassecour dont la tête et le cou, dépourvus de plumes, sont recouverts d'une membrane granuleuse rouge violacé. Domestiqué, un dindon peut peser jusqu'à dix-neuf kilos. Lorsqu'il crie, on dit que le dindon "glougloute".

Au sens figuré, depuis le XVIIIème siècle, on qualifie de "dindon" un homme sot et vaniteux, source de quolibets: se pavaner, se rengorger comme un dindon. Et il existe l'expression "être le dindon de la farce": se faire duper, berner, se faire avoir dans une affaire. Le caractère stupide du dindon qui se fait plumer, au sens propre et au sens figuré, est au cœur de l'expression. De la bêtise au statut de victime, il n'y a en effet qu'un pas. Mais pourquoi parle-t-on de "farce" ? Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il ne s'agit pas du tout de la même farce avec laquelle on cuisine la dinde. Selon le linguiste Claude Duneton, il existait au XVIIIème siècle à Paris un divertissement forain, une "farce" dans le sens théâtral de "spectacle comique", que l'on appelait "le ballet des dindons": "on plaçait quelques-unes de ces volailles placides sur une tôle surélevée et clôturée, formant une scène, puis on chauffait progressivement ce plancher métallique par en dessous. À mesure que la chaleur se faisait sentir dans leurs pattes, les dindons commençaient à s'agiter, à danser sur la tôle d'un air évidemment grave qui mettait en joie les badauds admis à contempler l'action. Le ballet des dindons fut supprimé en 1844, par une ordonnance du préfet de police, en même temps qu'étaient interdits les combats d'animaux tellement goûtés par le public."³

"Le Dindon" est une pièce de théâtre de Georges Feydeau. Il s'agit de l'histoire d'un homme marié coureur de jupons nommé Pontagnac qui, suite à différentes intrigues, est le dindon de la farce car il finit tout seul.

 

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Une expression synonyme met en scène un autre oiseau: se faire pigeonner. Cette expression existe depuis le XVIème siècle. Le pigeon, comme le dindon, représente l'homme naïf et sot qui se fait escroquer. Le pigeon a la réputation d'être bête parce qu'il se laisse très facilement prendre au piège. Selon Claude Duneton, le sens de "dupe" du mot "pigeon" pourrait venir de l'art très ancien de la fauconnerie où, immédiatement après la capture de l'animal, on détourne le faucon de la proie en la remplaçant par un leurre, un pigeon par exemple, que le faucon déchire à sa guise.³

L'origine de la bêtise du pigeon qui se fait rouler pourrait aussi venir de son plumage. Jadis, les femmes de la bonne société avaient l'habitude d'orner leurs chapeaux de belles plumes. Celles-ci provenaient des oiseaux possédant une "huppe", cette touffe de plumes très fournie placée sur le sommet de leur tête. Dans le langage familier, l'adjectif "huppé" qui signifie "d'un rang social élevé; fortuné" vient de cette coutume ancienne. Comme le pigeon n'a pas de huppe, on le considérait comme un volatile imbécile qui s'était fait dépouiller (dé-hupper): de là, la personne crédule que l'on peut aisément duper.

La "huppe" est le nom d'un oiseau passereau de la grosseur d'un merle qui se caractérise par la petite crête de plumes rousses terminées de noir qu'il a sur la tête. Chez les humains, on parle de "houppe": touffe de cheveux dressée sur la tête. La houppe la plus célèbre est celle de Riquet dans un conte de Charles Perrault paru en 1697.

 

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 Huppe fasciée

 

En guise de conclusion culinaire, si la dinde ne vous tente pas cette année, vous pourrez toujours vous inspirer de Gustave Flaubert pour votre menu de Noël: "Le pigeon ne doit se manger qu'avec des petits pois" (Dictionnaire des idées reçues).

 

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¹Thomas Antoine, La pintade (poule d'Inde) dans les textes du Moyen Âge. In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 61e année, N. 1, 1917, pp 35-50.

²Modern Farmer, Issue 14, Winter 2016-17.

³www.lefigaro.fr, 27/03/2008 & La puce à l'oreille, Anthologie des expressions populaires avec leur origine, Nouvelle édition, revue et augmentée, Le Livre de Poche, 1990.

23/12/2015

Boule

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Après les guirlandes d'il y a deux ans, les sapins et les cadeaux de l'année dernière, analyse d'un autre mot de circonstance en cette période de fin d'année.

 

Le mot "boule" vient du latin bulla qui possède plusieurs sens: bulle d'eau; tête de clou pour l'ornement des portes; bouton de baudrier; clou qui sert à marquer les jours heureux ou malheureux; bouton ou bille mobile dans une horloge à eau; bulle [petite boule d'or que les jeunes nobles portaient au cou jusqu'à l'âge de dix-sept ans] (Dictionnaire Gaffiot latin-français, 1934).

 

"Boule" qualifie un objet façonné en forme de sphère. En cette période des fêtes, les boules de Noël que l'on accroche au sapin tiennent bien sûr la vedette. Une autre boule de saison: la boule de neige, faite de neige tassée, que les enfants aiment se jeter à la figure lors d'une "bataille de boules de neige". La boule de neige figure dans la locution "faire boule de neige": littéralement "augmenter de volume en roulant" et, au sens figuré, "grossir, prendre de l'importance": ses propos maladroits ont fait boule de neige. On ne confondra pas la "boule de neige" avec la "boule à neige": boule en verre ou en plastique transparent contenant un motif décoratif, de l'eau et des paillettes, et qui se met à neiger lorsqu'on la manipule.

 

Il existe toutes sortes d'autres boules, en voici quelques-unes:

-Boule à thé: petite sphère métallique dans laquelle on place des feuilles de thé que l'on laisse ensuite infuser dans de l'eau chaude.

-Boule de glace, que l'on dépose sur un "cornet" en biscuit, appelé aussi "tulipe" en raison de sa forme allongée.

-Boule puante: accessoire de farces et attrapes qui libère une odeur nauséabonde d'œuf pourri.

-Boules Quies (marque déposée): petites boules de cire que l'on met dans les oreilles pour s'isoler du bruit. En latin, quies est un adjectif signifiant "calme, paisible", qui a donné quietus, "qui est en repos, qui est dans le calme, qui n'est pas troublé" (Gaffiot). En français on a le mot "quiétude" et en anglais l'adjectif quiet, "tranquille, silencieux", ainsi que le substantif quietness, "tranquillité, calme". 

-Boule à facettes: boule rotative recouverte de petits miroirs qui réfléchissent la lumière. Cette ambiance lumineuse festive était très en vogue durant la période disco, à la fin des années 1970.

-En Belgique, on désigne par le terme "boule de laine" une pelote de laine.

-Toujours en Belgique, une "boule" (ou "bouboune") est aussi un bonbon, une friandise sucrée: une "boule sure", un bonbon acidulé¹; une "boule de gomme", bonbon à la gomme aux arômes de fruits. La boule de gomme a donné l'expression "mystère et boule de gomme", qui qualifie quelque chose de très mystérieux. À l'origine de cette expression, l'allusion à une autre sorte de boule: la "boule de cristal" utilisée par certaines voyantes pour lire l'avenir. Si l'on remplace la transparence du verre par la matière opaque de la gomme, la voyante ne pourra plus rien voir et le mystère restera donc impénétrable.

-En Suisse romande, la "boule de Berlin", Berliner Pfannkuchen en allemand, est un gros beignet fourré, généralement à la confiture de framboise. Cette pâtisserie aurait été créée à Vienne à la fin du XVIIème siècle à l'occasion du carnaval, avant de conquérir l'Allemagne.

-Enfin, dans le sens de "corps plein sphérique de métal, de bois ou d'ivoire que l'on fait rouler dans certains jeux", il y a la boule de billard, de pétanque, de bowling et de flipper.

 

La boule se retrouve aussi dans plusieurs expressions:

-Avoir une boule dans la gorge: avoir la sensation d'étouffer à cause d'un sentiment d'angoisse.

-Avoir les yeux en boules de loto: avoir les yeux exorbités.

-Être, se mettre en boule: être, se mettre en colère. Cette expression fait référence au chat qui gonfle ses poils et fait le dos rond en signe de menace lorsqu'il a peur.

-Avoir les nerfs en boule: être très énervé, furieux. On dit aussi: avoir les nerfs en pelote (par allusion à la pelote de laine).

-Avoir les boules (registre familier): en avoir assez, être énervé. Ici, les boules sont à comprendre dans le sens de "testicules". Expression synonyme, elle aussi dans le registre familier: avoir les glandes.

-Toujours dans le registre familier, on emploie le mot "boule" pour désigner la tête. Cela a donné lieu à quelques expressions: perdre la boule (déraisonner, devenir fou); avoir la boule à zéro (avoir le crâne rasé); coup de boule (coup donné de la tête).

En argot, "boule" est masculin: "C'est bien ici du boule et non de la boule qu'il s'agit. Le mot désigne, dans ce cas, les fesses. Origine: le langage des prisons."²

 

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Une petite boule est une "boulette": de viande, de riz, de poisson ou de légumes. Et en français familier, "boulette" qualifie une gaffe, une maladresse. Faire une boulette: commettre une bévue.

La boule se rencontre aussi en verbe: "bouler", dans le langage familier, signifie "rouler par terre en se mettant en boule: il/elle a boulé jusqu'au bas de l'escalier. Et l'expression "envoyer bouler quelqu'un" a le sens de "renvoyer, éconduire une personne avec une grande brusquerie". En langage d'acteur de théâtre, "bouler" prend le sens de "parler beaucoup trop vite, avec les funestes conséquences que cela peut avoir"³: autrement dit, "bafouiller, trébucher sur ses mots".

"Bouler" a donné "boulotter", "manger" dans le langage familier, l'équivalent de "bouffer". Au XIXème siècle, au sens figuré, "boulotter" signifiait "dépenser": boulotter de l'argent. Au XIXème siècle également, "boulotter" avait aussi le sens de "se laisser vivre, vivoter, aller son train" (CNRTL et Petit Robert). Dans la même famille, le substantif "boulot", "travail", toujours dans le langage familier: aller au boulot, chercher du boulot. Synonymes: emploi, job. Précisons que l'hypothèse d'une dérivation sémantique de "bouleau", "bois difficile à travailler et qui donne beaucoup de travail aux menuisiers", d'où "travail pénible", semble peu probable (CNRTL). Enfin, citons l'adjectif "boulot, boulotte": gros et court. Adjectif synonyme: trapu. Cet adjectif est principalement utilisé au féminin pour parler d'une femme petite et rondelette: elle est boulotte. En boulangerie, un "pain boulot" est un pain court et cylindrique.

 

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¹Philippe Genion, Comment parler le belge et le comprendre (ce qui est moins simple), Éditions Points, avril 2010.

²&³Pierre Merle, Nouveau dictionnaire de la langue verte, le français argotique et familier au XXIème siècle, Éditions Denoël, 2007.

09:48 Publié dans Anglais, Argot, Belgique, Culture, Homonymes, Latin, Noël, Suisse romande, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | |

22/12/2014

Les cadeaux

 

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À quelques jours de Noël, un autre mot incontournable qui mérite d'être déballé.


Depuis la fin du XVIIème siècle, le mot "cadeau" désigne un objet que l'on donne à quelqu'un dans l'intention de lui être agréable Synonyme: "présent", mais ce terme est littéraire et ne s'emploie guère dans le langage courant. Nous verrons plus tard qu'il a aussi une connotation ancienne et qu'on l'utilisait à une époque où le sens du mot "cadeau" tel qu'on le connaît aujourd'hui n'existait pas encore.

Sans doute offrirez-vous et recevrez-vous des cadeaux à l'occasion des fêtes de Noël. Mais il existe une multitude d'autres moments où les cadeaux sont les rois de la fête: les anniversaires et les mariages, par exemple. Si l'on est libre d'offrir le cadeau que l'on souhaite lors d'un anniversaire, ce n'est généralement pas le cas pour un mariage. Très fréquemment, on est amené à choisir le cadeau que l'on fera sur une "liste de mariage" établie par les futurs mariés et déposée dans un magasin. 

On peut aussi offrir des cadeaux le premier jour de l'année: on parle alors d'"étrennes". Il s'agit d'une coutume très ancienne qui existait déjà au temps de la Rome antique et consistant à rendre visite à des parents ou à des amis le 1er janvier pour leur souhaiter une bonne année et leur offrir un petit quelque chose. Aujourd'hui, cette tradition s'est quelque peu perdue, mais il est toujours courant d'offrir des étrennes au début du mois de janvier à son facteur ou, si l'on vit en ville, à son gardien ou à sa gardienne d'immeuble sous la forme d'une somme d'argent. Le mot "étrennes" est alors synonyme de "gratification".

Dans la même famille, le verbe "étrenner" qui signifie "être le premier à utiliser quelque chose". On l'emploie le plus souvent pour parler d'un vêtement que l'on porte pour la première fois: ce jeune homme est fier d'étrenner son premier costume. Ce verbe a un deuxième sens: être le premier à souffrir d'un inconvénient, par exemple un coup, une disgrâce ou un reproche; on a sanctionné les responsables, c'est malheureusement lui qui a étrenné. Expression synonyme: essuyer les plâtres, écoper.


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Le cadeau n'a pas toujours été ce que l'on connaît aujourd'hui. Au XVème siècle, ce mot désignait une lettre capitale ornée de traits de plume que les maîtres d'écriture plaçaient en tête des actes ou des chapitres dans les manuscrits en écriture cursive (Littré).

Il existe deux étymologies possibles. "Cadeau" pourrait venir de l'ancien provençal capdel, "personnage placé en tête, chef, capitaine gouverneur", lui-même issu du latin capitellum, diminutif de caput, "tête, extrémité, chapiteau de colonne" (Dictionnaire Gaffiot, 1934)¹. En effet, dans les manuscrits cités plus haut, les grandes initiales ornementales, en plus d'être placées en tête d'un alinéa, comprenaient souvent une figure de personnage (CNRTL). Mais "cadeau" pourrait également dériver du latin catella, "petite chaîne, chaînette, collier", à cause de la forme enchaînée des traits de plume (Littré).

Au XVIIème siècle, le mot "cadeau" prend le sens de "régal, fête galante offerte à une dame" (CNRTL). On serait passé du premier sens à celui-ci car, dans certains manuscrits galants destinés à une dame, les grandes initiales ornées auraient contenu la première lettre de son prénom, ce qui était une façon de la fêter à travers cette dédicace. De là, probablement, le sens actuel du mot "cadeau": ce que l'on offre pour être agréable à quelqu'un.

Voici un extrait du "Bourgeois gentilhomme" de Molière, une comédie-ballet en cinq actes et en prose représentée pour la première fois en 1670, où l'on a dans la même tirade, et opposés l'un à l'autre, le mot "cadeau", "divertissement offert à une dame", et le mot "présent", équivalent à notre "cadeau" actuel (acte III, scène XV, Dorimène parle au gentilhomme Dorante qui lui fait la cour):

DORIMÈNE: Mais vous ne dites pas que je m'engage insensiblement, chaque jour, à recevoir de trop grands témoignages de votre passion ! J'ai beau me défendre des choses, vous fatiguez ma résistance, et vous avez une civile opiniâtreté qui me fait venir doucement à tout ce qui vous plaît. Les visites fréquentes ont commencé; les déclarations sont venues ensuite, qui après elles ont traîné les sérénades et les cadeaux, que les présents ont suivis. Je me suis opposée à tout cela, mais vous ne vous rebutez point, et, pied à pied, vous gagnez mes résolutions. Pour moi, je ne puis plus répondre de rien, et je crois qu'à la fin vous me ferez au mariage, dont je me suis tant éloignée.


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On trouve le mot "cadeau" dans quelques expressions, locutions et proverbes:

-C'est un cadeau de la maison, c'est cadeau: je vous l'offre, c'est gratuit. Aujourd'hui, le café, c'est cadeau.

-Ne pas faire de cadeau(x) à quelqu'un: être dur et exigeant avec une personne, notamment en affaires. Ils ne se font pas de cadeaux: ils ne se laissent rien passer.

-C'est pas un cadeau: c'est une personne difficile à supporter.

-Un cadeau empoisonné: un cadeau qui vous procurera plus d'ennuis que de satisfactions.

-C'est un cadeau du ciel: c'est un événement ou une nouvelle qui arrive alors qu'on ne l'attendait pas et qui réjouit.

-Les petits cadeaux entretiennent l'amitié (proverbe).

-En argot, le "petit cadeau" est la rémunération d'une prostituée: n'oublie pas mon petit cadeau. Cette formule est employée depuis le milieu du XVIIIème siècle.


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Enfin, on utilise souvent le mot "cadeau" en apposition dans des mots comme bon cadeau, chèque cadeau, papier cadeau ou paquet cadeau.


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Pour conclure, voici ce que Gustave Flaubert dit du cadeau dans son "Dictionnaire des idées reçues": "Ce n'est pas la valeur qui en fait le prix, ou bien ce n'est pas le prix qui en fait la valeur. Le cadeau n'est rien, c'est l'intention qui compte."


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¹Nous avons vu dans une chronique précédente toute une série de mots qui ont pour origine le mot latin caput: http://olivierschopferracontelesmots.blog.24heures.ch/arc...


08:00 Publié dans 1er janvier, Argot, Culture, Gustave Flaubert, Latin, Molière, Noël, Provençal | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | |