10/02/2019

Valentin

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Le 14 février, c'est la fête des amoureux. Profitons-en pour analyser le mot "Valentin".

 

L'origine de la Saint-Valentin remonte au XIVème siècle, en Angleterre et en France. On croyait à l'époque que le 14 février était le jour de l'année où les oiseaux choisissaient de s'accoupler. Les calendriers du Moyen Âge, en effet, situaient le début du printemps entre le 7 et le 22 février (Online Etymology Dictionary). En accord avec la nature, la coutume voulait qu'on se choisisse un(e) partenaire le 14 février. Et ces amoureux, à qui l'on donnait les noms de Valentin et de Valentine, se faisaient des cadeaux et s'envoyaient des billets doux. C'est ainsi que la date du 14 février a été déclarée fête des amoureux.

 

L'écrivain anglais Geoffrey Chaucer (1343-1400) est l'un des premiers à mentionner la Saint-Valentin associée à l'accouplement des oiseaux dans son poème "Parlement of Foules" (1381): "For this was on Saint Valentine's day / When every bird comes there to choose his mate."

La Saint-Valentin figure dans plusieurs "chansons" de Charles d'Orléans (1394-1465).

Dans l'œuvre du poète Guillaume Coquillart (1452-1510), on trouve le terme de "Valentine irrégulière" pour désigner une fille qui ne garde pas son cœur à son fiancé, ou une femme légère qui donne son cœur à plusieurs amis.

Et on rencontre le mot "Valentin" dans le chapitre huit du deuxième livre de "Pantagruel" de François Rabelais (1532): "Viardere, le noble Valentin, lequel, au premier jour de mai, pour être plus galant, je trouvai à Nancy décrottant ses couilles étendues sur une table, comme une cape à l'espagnole."

 

C'est à partir du XIXème siècle, aux États-Unis, que les amoureux ont commencé à s'envoyer des cartes de vœux spécialement conçues pour la Saint-Valentin, et que cette fête est devenue commerciale. En Europe, c'est avec l'arrivée des G.I. à la fin de la Deuxième Guerre mondiale que la Saint-Valentin a connu un véritable essor, et est devenue la fête que nous connaissons aujourd'hui.

 

Le saint que l'on célèbre le 14 février aurait été un prêtre chrétien décapité vers 270. En ce temps-là, Rome participait à des campagnes militaires sanglantes que le peuple désapprouvait. L'empereur de l'époque s'appelait Claude II, dit Claude le Cruel. Comme Claude II rencontrait beaucoup de difficultés à recruter des soldats pour les enrôler dans les légions romaines parce que les hommes préféraient rester auprès de leurs femmes ou de leurs fiancées au lieu de risquer leur vie au combat, il décida d'interdire les mariages et les fiançailles sur tout le territoire de Rome. Les couples qui n’avaient pas renoncé au désir de se marier devaient réussir à trouver quelqu'un qui consentirait à les unir en secret. Et c’est un prêtre, le père Valentin, qui accepta de sacrer les unions malgré les ordres de l’empereur. Claude II ne tarda pas à apprendre l’existence de ces mariages chrétiens clandestins, et, en guise de représailles, il fit emprisonner le père Valentin en le condamnant à mort.

 

Au XVIIème siècle, en France, il existait le "jeu des Valentins": "Il faut, pour bien composer le jeu des Valentins, mettre le nom de trente hommes et celui de trente femmes, dans soixante morceaux de papier séparés, et copier aussi séparément les soixante madrigaux. Après avoir tiré séparément le nom d'un homme et celui d'une femme, on tire deux madrigaux, pour voir ce qu'ils disent l'un à l'autre. Si ce sont des choses tout à fait éloignées, ou tout à fait vraisemblables, les effets différents du hasard peuvent être quelquefois assez agréables."¹

Les "madrigaux" étaient des "courtes pièces de vers galants". En voici quelques-uns:

"Je fais tout ce qu'il m'est possible / Iris, pour être moins sensible / Aux attraits merveilleux dont je suis enchanté / Je vois que rien ne peut soulager mon martyre / Mes yeux m'ont dit la vérité / Ils ne veulent plus se dédire / Mais que je souffre, hélas, de leur fidélité."

"Je prends congé de vous, il faut bien satisfaire / À votre arrêt trop rigoureux / Quelque autre saura mieux vous plaire / Mais il sera moins amoureux."

"Tu veux m'abandonner, perfide, je le vois / Tu n'es donc plus touché de mon amour fidèle / Lise pour qui tu sens une flamme nouvelle / Est-elle plus constante ou plus jeune que moi / Et tes yeux aveuglés la trouvent-ils plus belle ?"

"Personne ne saura que je vis sous vos lois / Je tiendrai vos faveurs secrètes / Les grâces qu'à d'autres vous faites / M'engagent à cacher celles que je reçois."²

 

Dans le "jeu des Valentins", le mot pourrait aussi bien dériver de "galantin", "homme galant qui aime, recherche les femmes, les aventures amoureuses", mot qui n'est plus utilisé de nos jours, que de la Saint-Valentin, jour où l'on se fait des déclarations d'amour.

Le "jeu des Valentins" fit rage pendant quelques mois à la cour et à la ville, avant de tomber à plat du jour où le duc de Chevreuse tua en duel un gentilhomme d'esprit qui avait ainsi composé son valentin: "Monseigneur le duc de Chevreuse / L'air faux, l'œil pourri, la dent creuse."³ On voit dans cet exemple que les madrigaux, selon l'intention et l'humeur de qui les écrivait, pouvaient se transformer en épigrammes, "petits poèmes satiriques et mordants".

 

En guise de conclusion, signalons que le substantif "valentin" désignait autrefois un "marchand de bijoux et de babioles que les galants offraient à leurs maîtresses" (CNRTL). Ces valentins étaient probablement des marchands ambulants qui profitaient du jour de la Saint-Valentin pour vendre leurs objets.

 

***

 

¹&²Valantins, Questions d'amour, & autres Pièces Galantes, À Paris, chez Claude Barbin, 1669.

³L'intermédiaire des chercheurs et curieux, Paris, Sandoz et Fischbasher éditeurs, 1874.

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20/04/2015

Êtes-vous à la page ?

 

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Le mot "page" vient du latin pagina, "partie interne du papyrus découpée en feuillets, avec une seule colonne d'écriture par feuillet; page" (Dictionnaire Gaffiot latin-français, 1934). Une page est en effet chacun des deux côtés d'une feuille de papier où l'on peut écrire ou dessiner. Dans "Gargantua" de François Rabelais (1534), on rencontre le mot "pagine": "Quelque pagine de la diuine Escripture".


Certaines pages ont des noms spécifiques. Le premier côté d'une feuille de papier est appelé "recto" ou "belle page" car ce côté est l'endroit de la feuille. L'autre côté est appelé "verso" ou "fausse page" car il est situé au revers de la feuille de papier. Lorsqu'on écrit ou que l'on imprime un texte sur les deux faces d'une page, on écrit/imprime "recto-verso". Dans un livre, la "belle page" est la page de droite, c'est la page côté recto, celle qui est le mieux perçue par le lecteur et qui porte un numéro impair. C'est sur cette page que se trouvent le titre et, le plus souvent, le début d'un nouveau chapitre. La "fausse page", au verso de la "belle page", est la page de gauche d'un livre, celle qui porte un numéro pair. La "page de garde" d'un livre est la feuille blanche placée entre la couverture et la page de titre. La première page d'un journal, celle qui contient les grands titres, se nomme "une": qu'y a-t-il à la une du journal ce matin ?

Quelques expressions tournent autour de la page:

-Être à la page: être au courant de l'actualité ou des dernières tendances de la mode. Cette expression pourrait faire référence à un almanach ouvert à la bonne page, c'est-à-dire la page du jour. Expressions synonymes: être dans le coup, être dans le vent, être de son époque.

-Mettre quelqu'un à la page: "Cette expression argotique ne signifie pas « mettre quelqu'un à la mode », comme on pourrait le croire, mais plutôt le mettre au pas, le ramener à la raison, éventuellement le remettre à sa place. L'expression s'entend majoritairement chez les jeunes."¹

-Tourner la page: ne plus se préoccuper d'une situation difficile, passer à autre chose. Après une rupture amoureuse, il faut savoir tourner la page pour aller de l'avant.

-Syndrome de la page blanche: chez les écrivains, crainte de ne pas trouver l'inspiration au moment de commencer ou de continuer une œuvre. On peut aussi dire: angoisse/peur de la page blanche. Le terme savant de cette peur est "leucosélophobie" (substantif féminin).


Par métonymie, le mot "page" fait aussi référence à ce qui est inscrit ou imprimé sur une page: lire une page, finir sa page. Par extension, on parle d'une "page de publicité" qui passe à la télévision. Sur Internet également, il y a des pages. On qualifie de "page-écran" l'ensemble des informations qui apparaissent sur toute la surface de l'écran d'un terminal. Une "page Web" est une page-écran qui fait partie d'un site Web et qui contient des liens vers d'autres pages. La "page d'accueil" est la première page d'un site Web qui s'affiche lors d'une connexion, qui fournit une présentation générale du site et qui donne accès à l'ensemble des rubriques qu'il contient; anglicisme synonyme: home page. La page Web d'un réseau social sur laquelle quelqu'un publie des informations est appelée "mur": j'ai posté un statut sur mon mur Facebook. La "mise en page(s)" est l'opération par laquelle on dispose graphiquement tout ce qui doit rentrer dans un texte (blancs, titres, légendes, illustrations, etc.), autant dans un journal en version papier que sur une page Web. Pour un journal en version papier, ce travail précède l'impression et aboutit à la création d'une "maquette".


Au sens figuré, la page caractérise une partie de la vie d'un individu ou une période de l'histoire d'un groupe de personnes ou d'une nation: une des pages les plus heureuses du XXème siècle; la plus belle page de ma vie. Dans le même sens et le même registre, on peut utiliser le mot "chapitre": un chapitre glorieux ou peu glorieux de l'histoire d'un pays.


Revenons au livre avec le "marque-page" ou "signet": morceau de papier ou de tissu que l'on place entre deux pages d'un ouvrage en le laissant dépasser, de manière à pouvoir reprendre ultérieurement sa lecture là où on l'avait interrompue ou pour pouvoir retrouver facilement un passage en particulier. La "pagination" est la manière de numéroter les pages: la pagination de ce livre commence après le titre; la pagination de la préface est en chiffres romains.


On ne confondra pas la page avec le page, anciennement un jeune noble placé au service d'un seigneur pour apprendre le métier des armes. On rencontrait autrefois la locution "être hardi/effronté comme un page". On ne confondra pas non plus le page avec le pageot, "lit" en argot. Variante orthographique: pajot. Et en forme abrégée: page (substantif masculin). Le mot "pageot" pourrait tirer son origine de "paillot": petite paillasse (ce terme est aujourd'hui vieilli). Et il existe les verbes "se pager" et "se pageoter/pajoter": se mettre au lit, se coucher. D'autres mots que "pageot" désignent le lit en argot: paddock, pieu, plumard et pucier.


¹Pierre Merle, Nouveau dictionnaire de la langue verte, Éditions Denoël, 2007.


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09/04/2014

Le violon

 

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 Cet instrument de musique est au cœur de plusieurs expressions.

 

Le violon possède quatre cordes accordées en quintes, respectivement sur le sol, le ré, le la et le mi. Au début du XVIème siècle, on utilisait le terme vyollon. La première apparition du mot avec l'orthographe que l'on connaît aujourd'hui se situe avant 1550. Dans "Le Tiers Livre" publié en 1546, Rabelais écrit: "Plus me plaît le son de la cornemuse que les fredonnements des violons auliques."

Le mot désigne aussi bien l'instrument que le musicien qui en joue: être violon dans un orchestre (on peut bien sûr aussi dire "violoniste"). Celui qui dirige les violons d'un orchestre est appelé "premier violon". Autrefois, un "violoneux" était un joueur de violon qui animait les fêtes de campagne et, par extension et dans un sens péjoratif, un violoniste médiocre. Aujourd'hui, on parle d'un "crincrin" pour décrire un mauvais violoniste et un violon de piètre qualité qui produit des sons désagréables, le terme "crincrin" étant une onomatopée imitant un son discordant et grinçant. Autrefois, on disait aussi "ménétrier" pour qualifier un violoniste de village qui escortait les noces et faisait danser les invités. Et au Moyen-Âge, c'était le ménestrel, un musicien ambulant ou engagé par un seigneur, qui chantait des vers et récitait des fabliaux en s'accompagnant d'un instrument.

Un stradivarius est un violon fabriqué au XVIIème ou au XVIIIème siècle dans l'atelier d'Antonio Stradivari dit "Stradivarius", un luthier italien originaire de la ville de Crémone qui, outre des violons, fabriquait également des violoncelles, des altos et des guitares, tous de qualité exceptionnelle, et dont certains ont survécu à travers les siècles et ont été conservés avec leur montage d'origine.

 

On rencontre le violon dans plusieurs expressions:

-Aller plus vite que les violons: aller trop vite, précipiter les choses, faire des déductions hâtives.

-Accorder ses violons: se mettre d'accord.

-Payer les violons: faire les frais de quelque chose sans en tirer aucun profit. Cette expression a une origine grivoise: entretenir une garce que d'autres personnes voient¹. On trouve dans la comédie-ballet de Molière "La Comtesse d'Escarbagnas" (1671) la tirade suivante: "Je ne suis point d'humeur à payer les violons pour faire danser les autres". Et autrefois, on disait "se donner les violons/avoir les violons de quelque chose" dans le sens de "tirer vanité de quelque chose": il est cruel pour nous d'être en but à la mauvaise intrigue de gens qui, peut-être sans faire des choses merveilleuses, veulent avoir les violons de tout².

-Pisser dans un violon: ne servir à rien. Dans le langage populaire, on emploie généralement l'expression sous la forme de "c'est comme pisser dans un violon" ou "autant pisser dans un violon": on a beau donner son avis, cela est complètement inutile parce que personne n'écoute et n'en tirera de leçon.

-Au XXème siècle, apparaît l'expression "avoir un violon d'Ingres". Jean-Auguste-Dominique Ingres est un peintre français néo-classique né à la fin du XVIIIème siècle et mort en 1867. Plusieurs de ses œuvres, parmi lesquelles "Le Bain turc" et "La Grande Odalisque", sont exposées au musée du Louvre à Paris. Mais Ingres ne faisait pas que de la peinture. Il avait une passion, le violon, à laquelle il se consacrait dès qu'il avait un moment de libre. D'où l'expression "avoir un violon d'Ingres" qui, au départ, désignait le fait, pour un artiste, de pratiquer un art qui n'était pas le sien. Plus tard, le sens de l'expression s'est étendu à toute activité secondaire, pas seulement celle d'un artiste. Mais lorsqu'on parle de "violon d'Ingres", on sous-entend tout de même que notre passe-temps favori est lié à quelque chose d'artistique.

"Le violon d'Ingres" est également le nom d'une photographie de Man Ray, un artiste américain qui vécut à Paris dans les années 1920. La photo, qui date de 1924, représente le dos nu d'une femme, sur lequel figurent les ouïes d'un violon. La femme n'est autre que Kiki de Montparnasse, modèle et égérie du Paris des années folles, qui partagea avec Man Ray une passion amoureuse qui révolutionna la photographie. Les images de leur vie commune à Montparnasse ont fait le tour du monde et sont considérées comme parmi les plus célèbres du XXème siècle.

L'expression "avoir un violon d'Ingres" n'est pas la seule pour parler d'un passe-temps. On peut aussi dire qu'on a un hobby. L'origine de ce mot nous vient d'une formule anglaise, hobbyhorse, qui qualifiait autrefois un jouet constitué d'un long manche de bois muni de rênes au bout duquel se trouvait une tête de cheval. À l'autre bout il y avait parfois des roulettes pour faire avancer le jouet que les enfants chevauchaient en se prenant pour des cavaliers. En référence à ce jeu, un hobby désigne une activité ludique que l'on pratique pour se distraire durant ses loisirs, sans connotation artistique. L'expression "avoir un hobby" s'est répandue largement dans le langage des gens à partir des années 1950, période où les loisirs ont commencé à prendre une part importante dans leur vie.

On peut également avoir un dada. Ce mot est la version française de hobbyhorse, "dada" désignant un cheval dans le langage enfantin. Il s'agit d'une onomatopée reproduisant le bruit du galop d'un cheval. "Dada" a un sens différent de "hobby": davantage qu'un passe-temps, "avoir un dada" véhicule la notion de manie, d'idée fixe, de passion pouvant devenir envahissante, voire obsessionnelle.   

Enfin, il y a la marotte. Autrefois, une marotte était une poupée montée sur un bâton, qui a ensuite été utilisée dans les théâtres de marionnettes. Et encore plus tôt, le mot désignait le sceptre surmonté d'une tête coiffée d'un capuchon coloré et garnie de grelots que brandissait le fou du roi. Pour cette raison, "avoir une marotte" sous-entend que notre occupation préférée a un côté inhabituel, original, excentrique, avec aussi l'idée de manie du dada.

 

Revenons au violon qui, dans le langage familier, par analogie des cordes de l'instrument et des barreaux, désigne la prison située dans un poste de police où  l'on enferme ceux qui sont arrêtés le soir en attendant de les interroger le lendemain. Depuis la fin du XVIIIème siècle, on dit "mettre au violon": mettre en prison. Ou encore: "passer la nuit au violon". Avant le XVIIIème siècle, on disait "mettre au psaltérion". Comme le violon, le psaltérion était un instrument à cordes. Mais il est apparu au Moyen-Âge. Et dans l'expression, il prenait le sens de "psautier", le livre des psaumes en religion. "Psaltérion" et "psautier" ont en effet la même origine étymologique: ils viennent tous deux du latin psalterium. "Mettre au psaltérion" signifiait donc "mettre au psautier", c'est-à-dire en pénitence, dans un endroit où l'on a le temps de méditer sur ses méfaits, de se repentir et de réciter quelques psaumes pour le salut de son âme. Le psaltérion passant de mode au fil des siècles, il a été remplacé par le violon, devenu entre-temps "le roi des instruments"³.

 

¹Antoine Goudin, Curiosités françaises pour supplément aux dictionnaires, 1640.

²Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1869.

³Charles Rozan, Petites ignorances de la conversation, Paris, Lacroix-Comon, 1856.

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