27/07/2016

Dépendre

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Analyse du verbe "dépendre" qui possède plusieurs significations.

 

"Dépendre", formé du préfixe "dé" et du verbe "pendre", issu du latin pendere, "être suspendu", et, au sens figuré, "être en suspens, incertain", signifie "détacher, enlever quelque chose qui était pendu ou suspendu". Dépendre un tableau, une enseigne (verbe synonyme: décrocher); dépendre une personne (qui s'est pendue). On se souvient de la réplique culte de Louis de Funès interprétant le rôle du commissaire Juve dans le film "Fantômas contre Scotland Yard" d'André Hunebelle (1966): "On a dépendu mon pendu !"

Autrefois, on appelait "dépendeur" celui qui détachait une chose suspendue. Et il existait l'expression "grand dépendeur d'andouilles", qui qualifiait un homme mince et de grande taille, et, par extension, un homme sot, incapable ou paresseux, un grand nigaud. Le mot "andouille" est ici à comprendre dans le sens de "boyau de porc rempli de tripes ou de chair hachée de ce même animal que l'on fait cuire". Il fallait en effet être très grand pour décrocher les andouilles suspendues dans les boutiques des charcutiers ou aux plafonds des fermes des paysans. Une petite andouille est une "andouillette".

Quant au mot "andouiller", contrairement à ce que l'on pourrait croire, il n'a rien à avoir avec l'andouille. Et il ne s'agit pas d'un verbe. C'est un substantif masculin désignant la ramification qui s'ajoute chaque année sur les bois des cervidés lors de la repousse printanière: les andouillers d'un cerf; un chasseur blessé d'un coup d'andouiller.

Mais revenons à l'andouille. Dans le langage populaire, ce terme qualifie une personne sotte, imbécile: espèce d'andouille !; faire l'andouille, se comporter comme un idiot. Et pour décrire un homme grand et mince, on utilise aujourd'hui l'expression "grand escogriffe: http://olivierschopferracontelesmots.blog.24heures.ch/arc....

 

Toujours dans la famille du verbe "pendre", mais venant cette fois du latin dependere, "pendre de", d'où le sens de "se rattacher à", le verbe "dépendre" signifie "être lié à quelqu'un ou à quelque chose en étant sous son autorité, son influence, sa domination ou son emprise": un pays qui dépend économiquement d'un autre; un étudiant qui dépend de ses parents; ne dépendre de personne, ne dépendre que de soi (on peut aussi dire: être son propre maître).

Autre sens du verbe "dépendre": ne pouvoir être réalisé sans l'action ou l'intervention de quelqu'un ou de quelque chose. Votre promotion dépend de votre supérieur hiérarchique; l'issue du conflit dépend de cette manœuvre. Verbe synonyme: reposer sur. Votre nomination repose sur la décision du patron; c'est le personnage sur lequel repose toute la pièce.

Enfin, par extension, "dépendre" signifie "être rattaché à quelque chose sans en faire essentiellement partie": ces terres dépendent du château; ce parc dépend de la propriété. Substantif féminin dérivé: "dépendance", le plus souvent en parlant de biens immobiliers. Notre maison est une ancienne dépendance du manoir voisin.

Elliptiquement, dans le langage courant, on dit couramment "ça dépend" pour "peut-être": —Partirez-vous en vacances cette année ? —Ça dépend (des conditions, des circonstances). On se souvient aussi d'une autre réplique culte, celle de Christian Clavier, Katia, à Marie-Anne Chazel, Zézette, dans le film "Le père Noël est une ordure" de Jean-Marie Poiré (1982): "Ça dépend, ça dépasse."

Et il existe l'expression "si cela ne dépendait que de moi !": je le ferais si cela était en mon pouvoir. On peut aussi dire: si cela ne tenait qu'à moi !

 

On ne confondra pas "dépend" avec "dépens", nom masculin pluriel. Au XIIème siècle, le mot despens signifiait "ce que l'on dépense" (Le Petit Robert et CNRTL). "Dépens" nous vient du latin dispensum, participe passé neutre substantivé de dispendere, "peser en distribuant, distribuer, partager". Dispendere est issu du deuxième sens du verbe latin pendere, "laisser pendre les plateaux d'une balance", d'où "peser", en particulier de l'argent, et "payer" (Le Petit Robert). Les mots dérivés de "dépense" (le verbe "dépenser", ainsi que les adjectifs "dépensier" et "dispendieux", "coûteux") ont bien sûr la même origine. De même que des mots comme "impenses" (en droit civique, "dépenses faites pour l'entretien ou l'amélioration d'un bien, notamment d'un bien d'immeuble"), "pension", "pensionnaire" ou "pensionnat".

Dans le sens de "ce que l'on dépense", le mot "dépens" est de nos jours uniquement utilisé dans le langage du droit pour parler des "frais qu'entraîne la poursuite d'un procès": être condamné au dépens; payer les dépens.

Dans le langage de tous les jours, nous employons la locution "aux dépens de": en faisant payer, supporter la dépense par quelqu'un d'autre. Vivre au dépens d'autrui, c'est-à-dire "aux frais" d'autrui. Je l'ai hébergé(e) et il/elle vit à mes dépens (on peut aussi dire: "à ma charge" ou "à mes crochets"). On a tous en mémoire la morale de Jean de La Fontaine, tirée de la fable "Le corbeau et le renard" (1668), et employée au sens proverbial: "Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute." Comprenez: si une personne vous flatte sans vous connaître, c'est qu'elle attend quelque chose de vous en retour.

Au sens figuré, la locution "aux dépens de" implique que l'on fait subir un préjudice à quelqu'un: rire aux dépens de quelqu'un (rire en se moquant, en tournant quelqu'un en ridicule, en se payant sa tête). Locution synonyme: au détriment de (au désavantage de). Le contrat a été signé au détriment de l'employé.

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08/05/2016

Foie, foi

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Dans mon dernier billet, nous avons vu le mot "fois". À ne pas confondre avec le foie, qui lui-même n'a rien à voir avec la foi ! Analyse de ces deux homonymes.

 

Chez l'être humain, le foie est l'organe annexé au tube digestif et situé dans la partie supérieure droite de l'abdomen. Le mot "foie" vient du latin ficatum, "foie d'oie engraissée avec des figues", ficatum dérivant lui-même de ficus, "figue" (Dictionnaire Gaffiot latin-français, 1934).

On retrouve le foie dans deux expressions:

-Crise de foie: trouble digestif. Plus grave, une "hépatite" est une inflammation du foie.

-Avoir les foies: avoir peur. Pourquoi le mot "foie" est-il ici utilisé au pluriel ? Ce pluriel indique en fait un autre organe du corps humain. Autrefois, les poumons étaient appelés "foies blancs", par opposition au vrai foie, de couleur rouge sombre, et on disait "avoir les foies blancs". La couleur rouge symbolisant le courage et la force, le blanc symbolisait la peur et la lâcheté. Au fil des siècles, une ellipse a raccourci l'expression tout en lui conservant son sens.¹ Dans le même registre, l'expression "ne pas avoir de sang dans les veines": http://olivierschopferracontelesmots.blog.24heures.ch/arc....

Pour d'autres expressions synonymes d'"avoir les foies": http://olivierschopferracontelesmots.blog.24heures.ch/arc....

 

Le foie est aussi présent dans la mythologie grecque avec Prométhée, condamné par Zeus à être attaché sur le mont Caucase et à avoir chaque jour le foie dévoré par un aigle.

 

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 Elsie Russell, Prometheus (1994).

 

Nous utilisons le foie de certains animaux pour notre consommation: une tranche de foie de veau ou de génisse, des foies de volaille, l'huile de foie de morue. On peut aussi manger le foie sous la forme d'une terrine ou d'un pâté. On retrouve ce dernier dans l'expression familière "avoir les jambes en pâté de foie": se sentir très faible (http://olivierschopferracontelesmots.blog.24heures.ch/arc...).

Le "foie gras" est un foie hypertrophié, obtenu par le gavage d'oies ou de canards, et qui constitue un mets recherché, notamment pendant les fêtes de fin d'année.

 

Par analogie de forme et de couleur, "foie-de-boeuf" (pluriel: foies-de-boeuf), "langue de bœuf" ou encore "fistuline" sont les différents noms d'un champignon comestible à chapeau épais et rouge.

 

***

 

Le mot "foi" vient du latin fides, "foi, confiance; promesse, assurance, parole donnée". Parmi les mots de cette famille, l'adjectif "fidèle", littéralement "digne de foi", ou encore l'adjectif perfide, "qui trahit la foi", et les substantifs "confiance" et "confidence", l'adjectif "confidentiel", les verbes "se confier", "se défier", "se fier" et "se méfier", ainsi que l'adjectif "fiable". On trouve aussi dans cette famille des termes juridiques comme "affidavit", "fidéicommis", "fiduciaire" ou "fiducie". L'anglais a emprunté faith à l'ancien français fei, feid, feit, et to defy à l'ancien français defier, desfier (Online Etymology Dictionary). Enfin, toujours dans la même famille, l'italien fidenza.

 

La foi désigne la croyance en une religion. Avoir la foi; perdre la foi; avoir la foi chancelante. Dans un sens plus large, le terme "foi" désigne aussi le dogme lui-même, la religion: la foi chrétienne, la foi musulmane; prêcher la foi; répandre la foi. L'expression "n'avoir ni foi ni loi", comprenez "n'avoir ni religion ni morale", signifie qu'une personne est capable des pires actions: il/elle est sans foi ni loi.

 

Hors du contexte religieux, la foi est la confiance que l'on a en quelqu'un ou en quelque chose: une personne digne de foi (digne de confiance); un témoin digne de foi (que l'on peut croire sur parole). Ce sens du mot "foi"  est présent dans deux expressions:

-Avoir foi/avoir une foi totale en quelqu'un ou en quelque chose: avoir confiance en quelqu'un ou en quelque chose. Avoir foi en l'avenir (espérer en l'avenir). Verbe synonyme d'"avoir foi": se fier. Je me fie à ses paroles.

-Ajouter foi à quelqu'un ou à quelque chose: croire, considérer comme crédible. Cette expression appartient au registre soutenu. Nous ne pouvons pas ajouter foi aux déclarations du suspect.

 

Le mot "foi" possède également le sens de "assurance donnée de tenir sa parole, sa promesse": un homme de peu de foi. Mais cet usage tend à être vieilli. Aujourd'hui, on dira plutôt: un homme/une femme qui ne tient pas ses engagements. Autrefois, on ponctuait ses propos en disant "par ma foi" ou "sur ma foi" pour les affirmer. C'est de là que vient la locution actuelle "ma foi", équivalente à "certes" ou "en effet": ma foi oui; c'est ma foi vrai. Autrefois, on disait aussi "foi de gentilhomme" ou "foi d'honnête homme" lorsqu'on faisait une promesse que l'on ne pouvait pas rompre sans risquer le déshonneur. Aujourd'hui, nous utilisons l'expression "parole d'honneur": je te donne ma parole d'honneur.

 

Dans le langage juridique, la foi prend le sens de "témoignage, assurance, preuve". On la retrouve dans trois expressions:

-Sur la foi: sur la foi des témoins, en se fondant sur leurs témoignages, leurs déclarations.

-Faire foi: démontrer la véracité, prouver. Ces déclarations ne peuvent faire foi contre lui/elle (ne peuvent constituer une preuve contre lui/elle). Cette expression a été transposée dans le langage courant avec "le cachet de la poste faisant foi": lorsqu'il existe une date limite pour un envoi, la date indiquée sur le cachet apposé par la poste fait office de preuve.

-En foi de quoi: en se fondant sur ce qui vient d'être lu. Cette formule figure au bas de certains documents. Elle atteste qu'une personne a bien pris connaissance d'un document avant de le signer.

Par extension, la "bonne foi" est la qualité de quelqu'un qui parle avec sincérité ou agit avec une intention droite. Ici, la "foi" représente la franchise, l'honnêteté, la loyauté, la sincérité. Prouver sa bonne foi; en toute bonne foi (en toute sincérité); abuser de la bonne foi de quelqu'un. L'expression "être de bonne foi" signifie que l'on est sincère et que l'on dit ce que l'on croit être vrai, même si la réalité est autre. Dans le langage juridique, la "bonne foi" est la conviction erronée que l'on agit conformément au droit, par ignorance ou à la suite d'une tromperie: occupant/possesseur de bonne foi. Par opposition, la "mauvaise foi" qualifie la déloyauté, la duplicité, la perfidie. Être de mauvaise foi: affirmer un propos que l'on sait faux, mais que l'on continue à clamer comme étant la vérité pour éviter d'avoir à reconnaître que l'on a tort.

 

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¹Gilles Guilleron, À la file indienne, origines d'une nouvelle ribambelle d'expressions populaires, Éditions First-Gründ, Paris, 2010.

06/01/2016

Parti ou partie ?

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Les mots "parti" et "partie" possèdent de nombreuses significations différentes et se retrouvent dans plusieurs expressions sujettes à confusion.

 

Commençons par l'expression "prendre à partie" que l'on a tendance à vouloir orthographier "prendre à parti" sous l'influence d'une autre expression que nous verrons plus tard: "prendre parti".

"Prendre quelqu'un à partie" signifie "imputer à quelqu'un le mal qui est arrivé" et, par extension, "attaquer quelqu'un": les manifestants ont été pris à partie par les forces de police. Une expression synonyme, elle aussi avec le verbe "prendre": s'en prendre à quelqu'un, c'est-à-dire s'attaquer à une personne en la rendant responsable; incriminer, mettre en cause quelqu'un. Je n'y étais pour rien, mais il s'en est pris à moi. Il existe aussi l'expression "il/elle ne peut s'en prendre qu'à lui/elle-même": il/elle est responsable de ses propres malheurs.

Attention à ne pas confondre "s'en prendre à" avec toute une série d'autres expressions:

- Se prendre de: se mettre à avoir. Se prendre d'amitié, d'affection pour quelqu'un. Verbe synonyme: éprouver.

- Se prendre à: se mettre à faire quelque chose, généralement sans l'avoir prémédité. Se prendre à espérer, à penser. Cet usage est littéraire.

- S'y prendre: agir d'une certaine façon dans le but d'obtenir un résultat précis, être plus ou moins habile à faire quelque chose. Il/Elle voulait attirer mon attention, mais il/elle s'y est mal pris(e); je ne sais pas comment m'y prendre pour obtenir une augmentation; s'y prendre à deux/plusieurs fois: recommencer. Au Québec, on dit "avoir le tour": il/elle a le tour avec les enfants. "S'y prendre" suivi d'une précision de temps signifie "se mettre à s'occuper de quelque chose": s'y prendre à l'avance/à temps/trop tard.

- Se prendre pour: se considérer comme, se croire. Se prendre pour un héros, un génie. Péjorativement, on dira de quelqu'un qui prend de grands airs: pour qui se prend-il/elle ? Dans le même registre, les expressions "il/elle ne se prend pas pour n'importe qui/pour une merde" (il/elle a une très haute opinion de lui/d'elle-même) et "ne pas se prendre pour la queue de la/d'une poire": http://olivierschopferracontelesmots.blog.24heures.ch/arc....

Revenons à notre expression "prendre à partie": ici, le mot "partie" nous vient du droit. Il est à comprendre dans le sens de "personne physique ou morale impliquée dans un procès", plus spécialement la "partie adverse" par opposition à la "partie plaignante". Littéralement, "prendre quelqu'un à partie" signifie "entamer une action juridique contre quelqu'un". C'est pourquoi, dans le langage courant, comme nous l'avons vu plus haut, l'expression a pris le sens d'"accuser, attaquer quelqu'un".

Quant à l'expression "avoir affaire à forte partie", elle veut dire que l'on a en face de soi un redoutable adversaire et qu'il sera difficile de s'en sortir.

 

Le mot "partie" possède aussi, depuis la deuxième moitié du XVIIème siècle, le sens de "divertissement concerté à plusieurs; moment agréable". Une partie de chasse, de jambes en l'air, de rigolade; ce n'est pas une partie de plaisir: cela n'a rien d'agréable. C'est dans ce sens-là que l'on utilise les expressions "être de la partie" (participer à un divertissement entre amis) et "ce n'est que partie remise" (ce rendez-vous n'est que reporté à une date plus favorable). Par extension, "être de la partie" signifie également "avoir une solide expérience, notamment d'un métier": ne vous inquiétez pas, je suis de la partie et je vais pouvoir résoudre votre problème.

Toujours dans le cadre d'une activité à plusieurs, "partie" signifiait au XIIIème siècle "projet commun à plusieurs personnes". Il nous en reste l'expression "avoir partie liée avec quelqu'un": être solidaire, être de connivence avec quelqu'un; avoir un accord secret qui nous unit à quelqu'un.

 

"Prendre parti", c'est prendre position: prendre parti pour ou contre quelqu'un (lui donner raison ou tort). Verbes synonymes: "s'engager" et, dans le langage familier, "se mouiller". Ici, le mot "parti" renvoie au sens de "décision, choix". Il figure dans deux autres expressions courantes:

- Prendre le parti de: se décider, se résoudre à quelque chose. J'hésite sur le parti à prendre; prendre le parti d'en rire.

- Prendre son parti de quelque chose, en prendre son parti: accepter de manière raisonnable ce que l'on ne peut pas éviter ni changer. Je ne peux rien y faire, j'ai fini par en prendre mon parti. Expression synonyme: se faire une raison. Verbes synonymes: s'accommoder, se résigner.

Enfin, depuis la fin du XVIIIème siècle, le terme "parti pris" qualifie une opinion préconçue, un choix arbitraire. Mots synonymes: à priori, préjugé. "Être de parti pris": être partial, subjectif.

 

L'expression "tirer parti de" a le sens d'"exploiter, utiliser quelque chose à son avantage". Tirer le meilleur parti de quelque chose; savoir tirer parti de tout. Cette expression est issue du sens de "salaire d'un employé, bénéfice" que possédait au XVIIème siècle le mot "parti".

Dès le XVIème siècle, "parti" était aussi employé dans un contexte bien précis. Il servait à désigner une "personne à marier, considérée du point de vue de sa situation sociale": "Je songerai à marier ma fille quand il se présentera un parti pour elle" (Monsieur Jourdain à sa femme dans "Le Bourgeois gentilhomme" de Molière, 1670, acte III, scène III). De cet usage, le terme "beau/bon parti", encore utilisé de nos jours dans le langage courant: épouser un beau parti.

 

11:29 Publié dans Culture, Droit, Grammaire, Molière, Québec | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | |