01/02/2019

Chandeleur 2019

 

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Demain, samedi 2 février, ce sera la Chandeleur. Voici un rappel du mot "chandelle" que j'avais examiné il y a quatre ans.

 

Le mot "Chandeleur" est issu par ellipse de l'expression latine festum candelarum, "fête des chandelles". La Chandeleur est en effet, dans l'Église catholique, la fête de la présentation de Jésus au Temple et de la purification de la Vierge, dont la célébration le 2 février, soit quarante jours après Noël, est marquée par une procession où l'on porte des chandelles ou des cierges que l'on fait bénir. Fête liée à la lumière, c'est à partir de la Chandeleur que l'on commence à voir les jours s'allonger sensiblement.

La Chandeleur est également associée aux crêpes. Cette tradition païenne tire son origine d'une superstition paysanne très ancienne, selon laquelle les récoltes de blé seront mauvaises si l'on ne fait pas des crêpes le jour de la Chandeleur. Comme le dit l'adage: "Si point ne veut de blé charbonneux, mange des crêpes à la Chandeleur".

Aux États-Unis et au Canada, la célébration de la Chandeleur est remplacée par celle du "jour de la marmotte": Groundhog Day. Selon cette tradition qui se base sur une ancienne croyance liée à la météo et sur l'observation de l'entrée du terrier d'une marmotte. Si celle-ci émerge et ne voit pas son ombre parce que le temps est nuageux, cela veut dire que l'hiver finira bientôt. Si au contraire elle voit son ombre parce qu'il fait beau, elle sera effrayée et se réfugiera de nouveau dans son terrier, ce qui signifie que l'hiver continuera pendant plusieurs semaines encore. Il existe un dicton en français qui est en rapport avec cette tradition de l'Amérique du Nord: "À la Chandeleur, l'hiver se passe ou reprend vigueur".

 

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Le mot "chandelle" vient du latin candela. Autrefois, les chandelles servaient à éclairer les maisons. Il s'agissait d'une mèche tressée entourée de suif, c'est-à-dire de graisse animale. Aujourd'hui, on dit "bougie", et la cire a remplacé le suif. Mais la chandelle a survécu dans de nombreuses expressions.

-Un dîner aux chandelles: un dîner en amoureux, éclairé par des bougies.

-Faire des économies de bouts de chandelle: faire des économies insignifiantes. Autrefois, les chandelles valaient cher pour les gens qui avaient peu de moyens et ceux-ci, une fois les chandelles consommées, rassemblaient ce qu'il en restait pour aller vendre le suif non brûlé à un fabriquant de chandelles qui leur en confectionnait de nouvelles. Les gens riches considéraient cette récupération comme mesquine, d'où le sens de l'expression.

"Dans le même ordre d'idée, on cite une anecdote sur Voltaire, que son tempérament fantasque poussait à de curieuses extravagances. Il était l'hôte, comblé d'honneurs et de présents (en plus d'une solide pension), du roi de Prusse Frédéric, et chaque soir après les causeries intimes ou les réceptions, il montait dans sa chambre en emportant du salon deux chandeliers à plusieurs branches sous prétexte de guider ses pas dans les corridors du palais, déclinant fermement l'offre des domestiques qui voulaient l'éclairer. Arrivé dans ses appartements il soufflait en hâte toutes ces bougies et il les revendait le lendemain pour quelques sous à un marchand de la ville ! Ce manège dura plusieurs mois avant d'être découvert. Étonnant Voltaire qui écrivait par ailleurs: « Amusez-vous de la vie, il faut jouer avec elle; et quoique le jeu n'en vaille pas la chandelle il n'y a pas d'autre parti à prendre. »"

-Le jeu n'en vaut pas la chandelle: cette entreprise ne vaut pas la peine qu'on y consacre un quelconque investissement car elle rapportera plus de peine que de profit. "À croire que les hommes n'ont jamais utilisé leurs soirées d'hiver autrement qu'avec des dés, des cartes, et des mises d'écus sonnants. L'expression signifie littéralement que les gains du jeu ne suffiraient pas à payer la chandelle qui éclairait les joueurs, lesquels d'ailleurs, dans les maisons modestes, laissaient en partant quelques deniers de cotisation pour rembourser cet éclairage !"

-Devoir une fière chandelle à quelqu'un: "si quelqu'un vous évite un désastre vous lui devez naturellement une fière chandelle", c'est-à-dire une grande reconnaissance. "Fier a ici le sens de fort, ou remarquable, comme dans « fier courage » ou « fier culot ». L'expression signifie que vous devez faire brûler un cierge à l'église la plus proche pour remercier Dieu et la personne en question de vous avoir sauvé du péril. L'habitude d'offrir un cierge à une divinité est assurément très ancienne, et la survivance d'offrandes et de sacrifices plus archaïque encore."

-Brûler la chandelle par les deux bouts: gaspiller son argent ou sa santé en faisant toutes sortes d'excès.

-Voir trente-six chandelles: être étourdi par un coup. On peut même en voir davantage: "L'hôtesse reçut un coup de poing dans son petit œil qui lui fit voir cent mille chandelles; (c'est un nombre certain pour un incertain,) & la mit hors de combat" (Paul Scarron, Le roman comique, deuxième partie,1657). Cette image de chandelles que l'on voit tourner autour de sa tête après avoir été frappé est récurrente dans les dessins animés.

-Tenir la chandelle: assister en tiers complaisant à une liaison amoureuse. Cette expression nous vient "du temps où les lampes de chevet n'existaient pas et où les soubrettes et les valets de pied (ça pourrait faire un jeu de mots !) étaient conviés par leurs maîtres ou par leurs maîtresses à tenir la chandelle pendant leurs ébats amoureux."

-Se brûler à la chandelle: ce proverbe signifie "se laisser tromper par de fausses apparences".

-L'expression "monter/partir en chandelle" est employée dans le langage de l'aviation pour décrire l'ascension rapide d'un avion qui s'élève à la verticale (l'image est la même que celle du ballon de football ou de rugby). Il existe un autre sport où l'on peut "faire une chandelle": c'est au tennis, lorsqu'on renvoie la balle au-dessus de l'adversaire suivant une trajectoire presque verticale et suffisamment haut pour qu'il ne puisse pas faire un smash, et qu'elle passe ainsi hors de sa portée. Synonyme: lob.

-Autrefois, lorsqu'une personne rendait son dernier souffle, on disait: c'est une chandelle qui s'éteint. Quant à l'expression "éteinte de chandelle", elle se disait "de certains baux qui s'appellent baux à éteinte de chandelle, parce que l'adjudication des héritages, & la conclusion du bail, se fait pendant qu'un fort petit bout de chandelle qu'on a allumé se consume. Les Fermes du Roi s'adjugent à éteinte de chandelle; on dit aussi à chandelle éteinte; et c'est de là qu'est venu à éteinte de chandelle. On a fait un nom substantif du participe éteinte."¹

-Enfin, en pyrotechnie, une "chandelle romaine" est une pièce d'artifice en forme de grosse chandelle qui lance en bouquets des étoiles d'un éclat très vif.

 

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¹Dictionnaire universel français et latin, vulgairement appelé Dictionnaire de Trévoux, 1743.

Les autres explications d'expressions qui sont entre guillemets sont tirées de La puce à l'oreille de Claude Duneton, Éditions Stock, 1978.

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19/12/2016

La dinde

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Un mot incontournable à l'approche de Noël.

 

En Europe, la dinde a été introduite et domestiquée au XVIème siècle, ramenée par les Espagnols qui avaient conquis l'Empire aztèque (aujourd'hui le Mexique). En français, notre volaille était autrefois affublée du nom de "poule d'Inde", le terme "Inde" étant à considérer, conformément aux idées de l'époque, comme synonyme d'"Amérique", c'est-à-dire d'"Indes occidentales".¹ La dénomination West Indies est d'ailleurs encore utilisée aujourd'hui par les anglophones pour désigner les Antilles. Poule "d'Inde" a bien sûr donné plus tard "dinde".

 

En 1620, les pères fondateurs anglais débarquèrent en plein hiver à Plymouth (actuellement dans le Massachussetts) à bord du Mayflower. C'est là que les Indiens leur apprirent à chasser la dinde sauvage (photo de couverture), ce qui permit à ces nouveaux arrivants d'ajouter quelques protéines bienvenues à leur alimentation pour pouvoir affronter le climat rigoureux. Les Indiens apprirent aussi à ces colons à cultiver le maïs. En 1623, pour remercier les Indiens, les Anglais qui avaient survécu organisèrent un grand repas. Ce repas eut lieu le 24 novembre. C'est ainsi qu'est née la tradition américaine de célébrer ce jour-là Thanksgiving, un repas où la dinde tient le rôle principal. Au Canada, Thanksgiving est nommé Action de Grâce, fêtée le deuxième lundi d'octobre. Pour la petite histoire, comme la dinde avait joué un rôle important dans l'alimentation des premiers colons américains, Benjamin Franklin écrivit en 1784, dans une lettre à sa fille, que ce volatile, quoique peureux et fort peu gracieux, méritait d'être le symbole des États-Unis.² Mais ce fut finalement l'aigle (pygargue à tête blanche), plus majestueux, qui fut choisi pour être l'oiseau national.

 

Chez nous, on mange de la dinde à Noël, le 24 ou le 25 décembre. La tradition est de la farcir avec des marrons. Les autres jours de l'année, la dinde se mange également, mais pas entière, généralement sous la forme d'escalope.

Au sens figuré, le terme "dinde" désigne une jeune fille ou une femme niaise, en référence au caractère considéré comme stupide de l'animal.

 

La dinde est la femelle du dindon, grand oiseau de bassecour dont la tête et le cou, dépourvus de plumes, sont recouverts d'une membrane granuleuse rouge violacé. Domestiqué, un dindon peut peser jusqu'à dix-neuf kilos. Lorsqu'il crie, on dit que le dindon "glougloute".

Au sens figuré, depuis le XVIIIème siècle, on qualifie de "dindon" un homme sot et vaniteux, source de quolibets: se pavaner, se rengorger comme un dindon. Et il existe l'expression "être le dindon de la farce": se faire duper, berner, se faire avoir dans une affaire. Le caractère stupide du dindon qui se fait plumer, au sens propre et au sens figuré, est au cœur de l'expression. De la bêtise au statut de victime, il n'y a en effet qu'un pas. Mais pourquoi parle-t-on de "farce" ? Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il ne s'agit pas du tout de la même farce avec laquelle on cuisine la dinde. Selon le linguiste Claude Duneton, il existait au XVIIIème siècle à Paris un divertissement forain, une "farce" dans le sens théâtral de "spectacle comique", que l'on appelait "le ballet des dindons": "on plaçait quelques-unes de ces volailles placides sur une tôle surélevée et clôturée, formant une scène, puis on chauffait progressivement ce plancher métallique par en dessous. À mesure que la chaleur se faisait sentir dans leurs pattes, les dindons commençaient à s'agiter, à danser sur la tôle d'un air évidemment grave qui mettait en joie les badauds admis à contempler l'action. Le ballet des dindons fut supprimé en 1844, par une ordonnance du préfet de police, en même temps qu'étaient interdits les combats d'animaux tellement goûtés par le public."³

"Le Dindon" est une pièce de théâtre de Georges Feydeau. Il s'agit de l'histoire d'un homme marié coureur de jupons nommé Pontagnac qui, suite à différentes intrigues, est le dindon de la farce car il finit tout seul.

 

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Une expression synonyme met en scène un autre oiseau: se faire pigeonner. Cette expression existe depuis le XVIème siècle. Le pigeon, comme le dindon, représente l'homme naïf et sot qui se fait escroquer. Le pigeon a la réputation d'être bête parce qu'il se laisse très facilement prendre au piège. Selon Claude Duneton, le sens de "dupe" du mot "pigeon" pourrait venir de l'art très ancien de la fauconnerie où, immédiatement après la capture de l'animal, on détourne le faucon de la proie en la remplaçant par un leurre, un pigeon par exemple, que le faucon déchire à sa guise.³

L'origine de la bêtise du pigeon qui se fait rouler pourrait aussi venir de son plumage. Jadis, les femmes de la bonne société avaient l'habitude d'orner leurs chapeaux de belles plumes. Celles-ci provenaient des oiseaux possédant une "huppe", cette touffe de plumes très fournie placée sur le sommet de leur tête. Dans le langage familier, l'adjectif "huppé" qui signifie "d'un rang social élevé; fortuné" vient de cette coutume ancienne. Comme le pigeon n'a pas de huppe, on le considérait comme un volatile imbécile qui s'était fait dépouiller (dé-hupper): de là, la personne crédule que l'on peut aisément duper.

La "huppe" est le nom d'un oiseau passereau de la grosseur d'un merle qui se caractérise par la petite crête de plumes rousses terminées de noir qu'il a sur la tête. Chez les humains, on parle de "houppe": touffe de cheveux dressée sur la tête. La houppe la plus célèbre est celle de Riquet dans un conte de Charles Perrault paru en 1697.

 

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 Huppe fasciée

 

En guise de conclusion culinaire, si la dinde ne vous tente pas cette année, vous pourrez toujours vous inspirer de Gustave Flaubert pour votre menu de Noël: "Le pigeon ne doit se manger qu'avec des petits pois" (Dictionnaire des idées reçues).

 

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¹Thomas Antoine, La pintade (poule d'Inde) dans les textes du Moyen Âge. In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 61e année, N. 1, 1917, pp 35-50.

²Modern Farmer, Issue 14, Winter 2016-17.

³www.lefigaro.fr, 27/03/2008 & La puce à l'oreille, Anthologie des expressions populaires avec leur origine, Nouvelle édition, revue et augmentée, Le Livre de Poche, 1990.

03/10/2016

Rêne ou renne ?

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Deux mots que l'on confond souvent, surtout dans trois expressions: lâche-t-on, prend-on et tient-on les rênes ou les rennes ? Éclairage.

 

Le mot "rêne", anciennement resne, est un substantif féminin qui vient du verbe latin retinere, "retenir, arrêter", qui a donné retinaculum, "toute espèce de lien, attache, corde; bride, rênes; amarre, cordage" (Dictionnaire Gaffiot latin-français, 1934). On retrouve cette origine en italien, redine, en espagnol, rienda, en catalan et en ancien provençal, regna, et en portugais, redea (CNRTL).

Une "rêne" est une courroie fixée au mors du cheval et que tient le cavalier pour guider sa monture. Ce mot est principalement employé au pluriel.

 

Le mot "renne", reen au XVIème siècle, est un substantif masculin d'origine scandinave: ren en suédois, reinsdyr en norvégien et rendyr en danois, desquels découlent aussi le reindeer anglais et le Rentier allemand.

Un "renne" est un mammifère ruminant voisin du cerf qui vit dans les régions froides de l'hémisphère nord. Le renne est le seul cervidé dont la femelle porte des bois. La famille des cervidés comprend dix-sept genres répartis en quarante-quatre espèces. Le renne appartient au genre Rangifer.

Le renne de l'Amérique du Nord est appelé "caribou"Il s'agit d'un mot canadien qui viendrait du micmac, langue de la famille des langues algonquiennes, littéralement "qui creuse, qui gratte", parce que le caribou creuse la neige pour trouver sa nourriture. Au Québec, le "caribou" est aussi une boisson composée de vin rouge et d'alcool fort, l'équivalent de notre "vin chaud" que l'on boit en hiver, surtout pendant la période des fêtes de fin d'année.

Malgré son nom, il n'y a pas de rennes à Rennes, commune française de l'ouest de la France, chef-lieu de la Région Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine. Le nom "Rennes" vient de Redones ou Riedones, nom de la tribu gauloise dont Rennes était sa principale ville au IIème siècle avant Jésus-Christ.

 

Dans l'imagerie populaire, le Père Noël est assis dans un traîneau tiré par des rennes. C'est sans doute la raison pour laquelle on a tendance à vouloir écrire "lâcher, prendre et tenir les rennes". Mais ces trois expressions figurées s'orthographient avec le mot "rêne":

- Lâcher les rênes: abandonner le contrôle de quelque chose, laisser libre cours à quelque chose (l'image évoquée est que l'on accepte de lâcher la bride du cheval pour le laisser galoper librement).

- Prendre/tenir les rênes: avoir la direction de quelque chose (de même que l'on est maître du cheval quand on a fixé une lanière à ses harnais pour le guider). Prendre/tenir les rênes d'une affaire, d'un commerce.

On peut aussi "confier les rênes" à quelqu'un: rendre quelqu'un responsable de quelque chose. Pendant mon absence, je te confie les rênes du projet.

 

On ne confondra pas la rêne avec la "reine": l'épouse d'un roi ou la souveraine d'un royaume (la reine d'Angleterre). Reine, du latin regina, féminin de rex, "roi". En ancien français, le mot était de trois syllabes: reïne dans l'Ouest, roïne dans le centre. C'est de l'Ouest que vient la prononciation actuelle, et c'est au XVIème siècle que le mot a commencé à être de deux syllabes (Littré).

On rencontre la reine dans deux expressions:

- Avoir un port de reine: avoir une allure majestueuse, imposante.

- Bouchée-à-la-reine: petite croûte de pâte feuilletée emplie d'une garniture, la plus courante, de nos jours, étant composée de champignons et de petits morceaux de ris de veau dans une sauce béchamel. La bouchée-à-la-reine a été créée à la cour de Versailles au XVIIIème siècle en l'honneur de la reine Marie Leczinska, fille du roi de Pologne Stanislas Leczinski, dans le but de reconquérir son époux le roi Louis XV qui la délaissait pour la marquise de Pompadour. Une bouchée-à-la-reine est l'équivalent, en plus petit, d'où son nom de "bouchée", du vol-au-vent. Le vol-au-vent, du verbe "voler", à cause de la légèreté de la pâte. La forme primitive était "vole-au-vent".¹

Par extension, le terme "reine" désigne aussi une femme qui l'emporte sur les autres par une éminente qualité: la reine du bal, de la fête, de la soirée. Une "reine de beauté" est l'autre nom donné à une Miss (Miss France, Miss Europe).

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, une "reinette" n'est pas une petite reine, mais une variété de pomme. Quant à la "rainette", il s'agit d'une petite grenouille arboricole aux doigts munis de ventouses, généralement verte mais susceptible de changer rapidement de couleur en réaction à son environnement.

Revenons à notre reine qui se retrouve aussi dans le jeu d'échecs et dans les cartes à jouer (reine de carreau, de cœur, de pique et de trèfle).

Enfin, elle est présente dans la nature où elle qualifie, chez les insectes sociaux tels que les abeilles, les guêpes et les fourmis, la femelle reproductrice unique dans la colonie et dont la vie, après la fécondation, est consacrée à la ponte: la reine et les ouvrières d'une ruche.

Du côté des fruits, la "reine-claude" est une prune de couleur verte, à chair fondante et parfumée. Le terme "reine-claude" est une abréviation de "prune de la reine Claude", femme de François Ier. En effet, au XVIème siècle, on voyait souvent apparaître une nouvelle espèce de fruit baptisée du nom d'une reine régnante ou d'une duchesse (CNRTL).

Du côté des fleurs, il existe la "reine-des-prés" et la "reine-marguerite", cette dernière ne tirant pas son nom d'une reine appelée Marguerite, mais parce qu'elle est proche de la marguerite des champs, en plus spectaculaire.

 

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 Reines-des-prés.

 

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Reines-marguerites.

 

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¹Dictionnaire de l'académie des gastronomes, Éditions Prisma, Paris, 1962.