06/01/2015

Nouveau

 

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Un adjectif qui s'impose en ce début d'année.


L'adjectif "nouveau" ou "nouvel, nouvelle" lorsqu'il est placé devant une voyelle ou un h muet a le sens général de "neuf". Mais nous allons voir que sa place avant ou après le substantif entraîne de subtiles variations de sens.


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Commençons par deux locutions adverbiales: "à nouveau" et "de nouveau". Sont-elles parfaitement synonymes ou existe-t-il une nuance entre les deux ? La langue moderne tend à la négliger, mais il convient de faire une distinction.

-On utilise "à nouveau" pour exprimer que l'on refait quelque chose d'une nouvelle façon: j'ai raté ce dessin, je vais le faire à nouveau, c'est-à-dire d'une autre manière; elle nous écrit à nouveau pour savoir quand nous irons la voir, sous-entendu elle nous a déjà écrit auparavant une lettre où elle faisait la même requête, mais les termes étaient différents; j'ai examiné à nouveau la question, je l'ai donc examinée sur de nouvelles bases.

-"De nouveau" est employé pour exprimer que l'on refait quelque chose exactement de la même façon: j'ai raté ce dessin, je vais le faire de nouveau, c'est-à-dire d'une manière identique, ce qui implique qu'il sera raté une seconde fois; j'ai examiné de nouveau la question, je l'ai donc simplement étudiée une fois de plus, sans chercher à trouver un nouvel angle d'approche.

Et on ne confondra pas "de nouveau" en tant que locution adverbiale avec "de nouveau" dans le sens de "comme nouveauté": je ne vois pas ce que ce projet peut nous apporter de nouveau.


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Passons maintenant à l'adjectif "nouveau". Il se range sous deux définitions: "qui n'existait pas avant" et "qui vient remplacer".


Selon la première définition, "nouveau" signifie tout d'abord "qui apparaît pour la première fois, qui vient d'apparaître ou d'être découvert". Dans ce sens-là, "nouveau" se place le plus souvent après le substantif.  Exemples: une invention nouvelle, une ville nouvelle, des pommes de terres nouvelles, les énergies nouvelles, le beaujolais nouveau est arrivé, un modèle nouveau, un mot nouveau, un terme nouveau. 

Mais on rencontre aussi dans certains cas l'adjectif "nouveau" placé avant le substantif: un nouveau film, un nouveau livre.

Dans le langage du droit, des "faits nouveaux" sont des faits produits ou révélés après une condamnation et justifiant la révision du procès. 

Le proverbe "tout nouveau, tout beau" signifie que ce qui est nouveau est apprécié, mais sera délaissé ensuite.

Rien de nouveau sous le soleil (locution): rien de nouveau n'est à signaler, c'est toujours la même chose.

"Nouveau" peut aussi être utilisé comme substantif: il y a du nouveau dans cette affaire, le goût du nouveau.


Le deuxième sens de "nouveau" caractérise quelqu'un ou quelque chose qui est depuis peu de temps ce qu'il est. L'adjectif se place alors avant le substantif. Les nouveaux riches, le nouveau gouvernement, le nouveau ministre des Transports, les nouveaux mariés, le nouveau/la nouvelle venu(e).

En tant que substantif, "le nouveau" ou "la nouvelle" qualifie une personne qui vient d'arriver dans un groupe dont les membres se connaissent tous depuis longtemps: il y a trois nouveaux dans la classe cette année.


Le troisième sens de "nouveau" est "qui tire de son caractère récent une valeur de création, d'invention". "Nouveau" s'apparente alors aux adjectifs "inédit", "insolite", "novateur", "original" et se place après le substantif. Un art nouveau, un style nouveau, un langage nouveau.

L'"Art nouveau" est un mouvement artistique de la fin du XIXème et du début du XXème siècle qui se caractérise par des lignes courbes appelées "arabesques" et par la présence de couleurs et d'ornementations inspirées de la nature. Synonyme (anglicisme): modern style. On confond souvent Art nouveau et Art déco. Mais ce dernier est apparu après l'Art nouveau, dans les années 1920, et en réaction à l'Art nouveau: l'Art déco consiste en un retour à la rigueur classique, lignes épurées et symétrie rigoureuse, les arabesques cédant la place aux angles droits, se caractérise par une forte influence dans l'architecture et le design et s'inspire d'autres civilisations, notamment grecque et égyptienne. Le terme "Art déco" tire son nom de l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes qui eut lieu à Paris en 1925.


Enfin, "nouveau" est employé dans le sens de "ce qui était jusqu'ici inconnu de quelqu'un, dont on n'a pas l'habitude". Il se place après le substantif: c'est pour moi une chose nouvelle, un sentiment nouveau, voir les choses sous un jour nouveau, rencontrer des têtes nouvelles.

La locution "infuser un sang nouveau à quelqu'un" signifie que l'on anime cette personne d'une vie, d'une énergie nouvelle.


Examinons à présent la deuxième définition: "nouveau" dans le sens de "qui vient remplacer". "Nouveau" qualifie alors ce qui apparaît après quelque chose d'autre qu'il remplace, au moins provisoirement, ou tend à remplacer dans notre vision, dans nos préoccupations. Il se place avant le substantif et fonctionne par opposition aux adjectifs "ancien" et "vieux". Exemples: la nouvelle cuisine, la nouvelle lune, Nouvel An, le Nouveau Testament, le Nouveau Monde, le nouveau roman, la nouvelle vague, les nouvelles technologies.

Dans le cas de personnes, "nouveau" est utilisé pour décrire des gens qui, dans une catégorie, présentent des caractéristiques inédites par rapport à la tradition: les nouveaux réalistes, les nouveaux pères, les nouveaux bourgeois.


"Nouveau" peut aussi se rapporter à quelque chose ou quelqu'un qui a succédé ou s'est substitué à quelque chose ou quelqu'un d'autre. Là aussi, l'adjectif se place avant le substantif: son nouveau mari, acheter une nouvelle maison, jusqu'à nouvel ordre, se lancer dans une nouvelle aventure. On rencontre aussi des expressions géographiques comme la Nouvelle-Zélande ou la Nouvelle-Orléans.


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L'adjectif "nouveau" peut se combiner à un participe passé et donner le mot "nouveau-né(e)", de "nouveau" dans le sens de l'adverbe "récemment" et "né", participe passé du verbe "naître", "nouveau-né" pouvant être utilisé comme adjectif ou comme substantif: un enfant nouveau-né, une petite fille nouveau-née; les cris du nouveau-né. Dans le monde médical, on entend par "nouveau-né" un bébé qui a moins de vingt-huit jours. Synonyme: nourrisson. Au pluriel, "nouveau-né" ne s'accorde que pour le participe passé: des nouveau-né(e)s.


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Enfin, du côté de l'étymologie, "nouveau" est isssu du latin novellus, diminutif de novus, "neuf, jeune" et "nouveau". En ancien français, on disait novel. Ce mot se retrouve en anglais dans novel, "nouveau" dans le sens d'"inédit, original" et "roman", ainsi que dans novelty, "nouveauté". En italien, "nouveau" se dit nuovo, en espagnol nuevo, en portugais novo, en allemand neu et en anglais new. En français, on retrouve bien sûr dans la même famille des mots comme "renouveau", "renouveler", "innovation", "rénover", "rénovation" et "novice". Last but not least, le nom de la ville de Neuchâtel, littéralement "nouveau château", s'inscrit également dans cette famille (Petit Robert).


18:13 Publié dans Allemand, Anglais, Architecture, Culture, Espagnol, Grammaire, Italien, Latin, Portugais | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | |

22/12/2014

Les cadeaux

 

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À quelques jours de Noël, un autre mot incontournable qui mérite d'être déballé.


Depuis la fin du XVIIème siècle, le mot "cadeau" désigne un objet que l'on donne à quelqu'un dans l'intention de lui être agréable Synonyme: "présent", mais ce terme est littéraire et ne s'emploie guère dans le langage courant. Nous verrons plus tard qu'il a aussi une connotation ancienne et qu'on l'utilisait à une époque où le sens du mot "cadeau" tel qu'on le connaît aujourd'hui n'existait pas encore.

Sans doute offrirez-vous et recevrez-vous des cadeaux à l'occasion des fêtes de Noël. Mais il existe une multitude d'autres moments où les cadeaux sont les rois de la fête: les anniversaires et les mariages, par exemple. Si l'on est libre d'offrir le cadeau que l'on souhaite lors d'un anniversaire, ce n'est généralement pas le cas pour un mariage. Très fréquemment, on est amené à choisir le cadeau que l'on fera sur une "liste de mariage" établie par les futurs mariés et déposée dans un magasin. 

On peut aussi offrir des cadeaux le premier jour de l'année: on parle alors d'"étrennes". Il s'agit d'une coutume très ancienne qui existait déjà au temps de la Rome antique et consistant à rendre visite à des parents ou à des amis le 1er janvier pour leur souhaiter une bonne année et leur offrir un petit quelque chose. Aujourd'hui, cette tradition s'est quelque peu perdue, mais il est toujours courant d'offrir des étrennes au début du mois de janvier à son facteur ou, si l'on vit en ville, à son gardien ou à sa gardienne d'immeuble sous la forme d'une somme d'argent. Le mot "étrennes" est alors synonyme de "gratification".

Dans la même famille, le verbe "étrenner" qui signifie "être le premier à utiliser quelque chose". On l'emploie le plus souvent pour parler d'un vêtement que l'on porte pour la première fois: ce jeune homme est fier d'étrenner son premier costume. Ce verbe a un deuxième sens: être le premier à souffrir d'un inconvénient, par exemple un coup, une disgrâce ou un reproche; on a sanctionné les responsables, c'est malheureusement lui qui a étrenné. Expression synonyme: essuyer les plâtres, écoper.


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Le cadeau n'a pas toujours été ce que l'on connaît aujourd'hui. Au XVème siècle, ce mot désignait une lettre capitale ornée de traits de plume que les maîtres d'écriture plaçaient en tête des actes ou des chapitres dans les manuscrits en écriture cursive (Littré).

Il existe deux étymologies possibles. "Cadeau" pourrait venir de l'ancien provençal capdel, "personnage placé en tête, chef, capitaine gouverneur", lui-même issu du latin capitellum, diminutif de caput, "tête, extrémité, chapiteau de colonne" (Dictionnaire Gaffiot, 1934)¹. En effet, dans les manuscrits cités plus haut, les grandes initiales ornementales, en plus d'être placées en tête d'un alinéa, comprenaient souvent une figure de personnage (CNRTL). Mais "cadeau" pourrait également dériver du latin catella, "petite chaîne, chaînette, collier", à cause de la forme enchaînée des traits de plume (Littré).

Au XVIIème siècle, le mot "cadeau" prend le sens de "régal, fête galante offerte à une dame" (CNRTL). On serait passé du premier sens à celui-ci car, dans certains manuscrits galants destinés à une dame, les grandes initiales ornées auraient contenu la première lettre de son prénom, ce qui était une façon de la fêter à travers cette dédicace. De là, probablement, le sens actuel du mot "cadeau": ce que l'on offre pour être agréable à quelqu'un.

Voici un extrait du "Bourgeois gentilhomme" de Molière, une comédie-ballet en cinq actes et en prose représentée pour la première fois en 1670, où l'on a dans la même tirade, et opposés l'un à l'autre, le mot "cadeau", "divertissement offert à une dame", et le mot "présent", équivalent à notre "cadeau" actuel (acte III, scène XV, Dorimène parle au gentilhomme Dorante qui lui fait la cour):

DORIMÈNE: Mais vous ne dites pas que je m'engage insensiblement, chaque jour, à recevoir de trop grands témoignages de votre passion ! J'ai beau me défendre des choses, vous fatiguez ma résistance, et vous avez une civile opiniâtreté qui me fait venir doucement à tout ce qui vous plaît. Les visites fréquentes ont commencé; les déclarations sont venues ensuite, qui après elles ont traîné les sérénades et les cadeaux, que les présents ont suivis. Je me suis opposée à tout cela, mais vous ne vous rebutez point, et, pied à pied, vous gagnez mes résolutions. Pour moi, je ne puis plus répondre de rien, et je crois qu'à la fin vous me ferez au mariage, dont je me suis tant éloignée.


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On trouve le mot "cadeau" dans quelques expressions, locutions et proverbes:

-C'est un cadeau de la maison, c'est cadeau: je vous l'offre, c'est gratuit. Aujourd'hui, le café, c'est cadeau.

-Ne pas faire de cadeau(x) à quelqu'un: être dur et exigeant avec une personne, notamment en affaires. Ils ne se font pas de cadeaux: ils ne se laissent rien passer.

-C'est pas un cadeau: c'est une personne difficile à supporter.

-Un cadeau empoisonné: un cadeau qui vous procurera plus d'ennuis que de satisfactions.

-C'est un cadeau du ciel: c'est un événement ou une nouvelle qui arrive alors qu'on ne l'attendait pas et qui réjouit.

-Les petits cadeaux entretiennent l'amitié (proverbe).

-En argot, le "petit cadeau" est la rémunération d'une prostituée: n'oublie pas mon petit cadeau. Cette formule est employée depuis le milieu du XVIIIème siècle.


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Enfin, on utilise souvent le mot "cadeau" en apposition dans des mots comme bon cadeau, chèque cadeau, papier cadeau ou paquet cadeau.


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Pour conclure, voici ce que Gustave Flaubert dit du cadeau dans son "Dictionnaire des idées reçues": "Ce n'est pas la valeur qui en fait le prix, ou bien ce n'est pas le prix qui en fait la valeur. Le cadeau n'est rien, c'est l'intention qui compte."


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¹Nous avons vu dans une chronique précédente toute une série de mots qui ont pour origine le mot latin caput: http://olivierschopferracontelesmots.blog.24heures.ch/arc...


08:00 Publié dans 1er janvier, Argot, Culture, Gustave Flaubert, Latin, Molière, Noël, Provençal | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | |

22/11/2014

Chef !

le-chef-de-gare-magnifique.jpgLe mot "chef" est issu du latin caput, capitis, "tête (d'homme ou d'animal)", au sens figuré "bout, extrémité, pointe", d'où "ce qui est important" et "celui qui est à la tête de".

"Chef" a coexisté dans la langue française comme synonyme de "tête" jusqu'au XVIème siècle. Ce sens subsiste dans un mot et dans deux locutions que l'on utilise aujourd'hui encore:

-Couvre-chef: chapeau.

-Branler, opiner du chef: approuver les propos de son interlocuteur en bougeant la tête (on peut aussi dire "opiner du bonnet").

-De son chef, de son propre chef ou de son plein chef: de sa propre initiative, de soi-même, par une décision personnelle. Agir, faire quelque chose de son propre chef. Dans cette locution figurée, le mot "chef" est à comprendre comme représentant le pouvoir de décider ou de juger que possède une personne.

Le mot "chevet" appartient à la même famille. Il dérive du latin classique capitium, "ouverture supérieure d'un vêtement par lequel on passe la tête" et, en latin médiéval, "tête de lit", "partie d'une église". On appelle en effet "chevet" la partie du lit qui est proche de la tête. On parle d'une "lampe de chevet" et d'une "table de chevet". Il y a bien sûr aussi le "livre de chevet" que l'on garde à portée de main et que l'on consulte avant de s'endormir. L'expression "au chevet de quelqu'un" signifie "auprès du lit de quelqu'un": s'asseoir, rester au chevet d'un malade pour lui prodiguer des soins. En architecture, le chevet désigne la partie d'une église qui se trouve à la tête de la nef, derrière le chœur, généralement de forme arrondie.

Des mots comme "cap", "capital", "capitale", "capiteux" ou "décapiter" ont la même origine.


Dans le sens figuré de "ce qui est principal, essentiel", le mot "chef" signifie dans le langage juridique un "élément particulier d'une action en justice, groupé avec d'autres dans une même procédure"; chef d'accusation: point sur lequel porte une accusation. Il existe aussi la locution "au premier chef": en premier lieu, avant tout, au plus haut point. Il importe au premier chef de recueillir des témoignages: il est capital de recueillir des témoignages. Dans la même famille, les mots "chef-d'œuvre" et "chef-lieu", ainsi que le Capitole romain, du latin Capitolium, lui-même dérivé de caput dans le sens de "sommet", puisque le Capitole est l'une des sept collines de Rome et qu'autrefois, il s'agissait du centre religieux et politique de la ville. Le mot pourrait aussi devoir sa source à la découverte d'une tête dans les fondations du temple de Jupiter Capitolin, l'un des anciens monuments du Capitole, terminé à la fin du VIème siècle avant J.-C., mais cette origine est fortement controversée. Mentionnons également le Capitole des Etats-Unis situé à Washington et, plus près de chez nous, le plus ancien cinéma de Lausanne ouvert en 1929 et qui est aussi la plus grande salle de cinéma encore en activité en Suisse: le Capitole, avenue du Théâtre 6.


Le sens le plus courant du mot "chef" est celui de la personne qui est à la tête de quelque chose, qui dirige, commande, gouverne. En Suisse romande, le féminin "cheffe" est aujourd'hui très répandu. Un "petit chef" est une personne qui possède une supériorité hiérarchique modeste, mais qui abuse de son autorité: jouer au petit chef. On peut aussi dire: chefaillon ou capo (diminutif péjoratif de "caporal" qui nous vient aussi du latin caput, tout comme le mot "capitaine"). Un(e) sous-chef(fe) est le/la responsable hiérarchique qui vient immédiatement après le/la chef(fe).

On trouve des chef(fe)s partout, dans tous les milieux et dans toutes les professions. En voici une liste non exhaustive:

-Chef d'entreprise. Synonymes: patron, PDG.

-Chef d'État. Synonyme: président.

-Chef de chantier. Synonyme: contremaître.

-Chef de gare, de train.

-Dans le langage militaire, chef d'état-major, chef de section (synonymes: lieutenant, sous-lieutenant ou adjudant).

-Chef d'une secte. Synonymes: chef spirituel, gourou.

-Chef de famille: personne qui assure la direction matérielle et morale de la famille.

-Chef d'orchestre, chef de chœurs.

-Chef de cuisine, chef cuisinier ou simplement chef. Autrefois, on disait "maître queux" (du latin coquus, "cuisinier"). Un "chef de partie" est un cuisinier confirmé qui a une responsabilité précise et qui est aidé dans sa tâche par un ou plusieurs commis. La "surprise du chef" est un plat concocté par le chef pour surprendre un client, il s'agit généralement d'un dessert. Par extension, dans le langage familier, on appelle aussi comme cela un événement inattendu et agréable.

-Pour certaines professions ou fonctions, le mot "chef" se place en apposition: médecin-chef, adjudant-chef, sergent-chef, gardien-chef.


Sans avoir de responsabilité particulière au sein d'une équipe de collaborateurs, on peut aussi nommer "chef" une personne que l'on considère comme remarquable. Synonymes: as, champion. Et on utilise la locution familière "se débrouiller comme un chef" pour qualifier quelqu'un qui se débrouille très habilement,.

La locution "en chef" signifie "en qualité de chef", "en premier": le rédacteur en chef d'un journal, le conservateur en chef d'un musée, le général en chef d'une armée.


Le français a fourni à l'anglais les mots chief et l'ancien kerchief, "fichu" (emprunté à l'ancien français cuevrechief, "couvre-chef", au XIIIème siècle), qui se retrouve dans l'actuel handkerchief, "mouchoir". "Chef" dans le sens de "patron" est également passé en espagnol (jefe), en catalan (xef) et en allemand (Chef). Enfin, on retrouve les mots "capitaine" et "caporal" en anglais (captain, corporal), en allemand (Kapitän, Korporal) et en néerlandais (kapitein) (Petit Robert).