28/02/2015

Faites-vous des chichis ?

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Le mot "chichi" a plusieurs significations.


La première caractérise un comportement qui manque de simplicité. Le mot est alors le plus souvent utilisé au pluriel: il/elle fait des chichis à propos de rien; ce sont des gens à chichis. Synonymes: complications, manières, simagrées. "Chichi" serait une onomatopée exprimant l'idée de petitesse qui pourrait avoir la même origine que l'adjectif "chiche" que nous avons vu l'année dernière: http://olivierschopferracontelesmots.blog.24heures.ch/arc....

L'expression "sans chichi" signifie que l'on se comporte de façon naturelle, sans cérémonie: recevoir des invités sans chichi. On peut aussi dire "sans flafla" et "à la bonne franquette". "Flafla" pourrait venir du redoublement du radical "fla", tiré du verbe "flatter". Quant au mot "franquette", il dérive de l'adjectif "franc", et l'expression "à la bonne franquette" signifie littéralement "franchement, sincèrement, tout bonnement" (CNRTL). Au contraire, si l'on cherche à épater ses convives, à en mettre plein la vue, on les recevra "en grand tralala", "tralala" étant une onomatopée attestée au XVIIIème siècle comme mot servant de refrain et remplaçant les paroles d'une chanson (CNRTL).

La formule "chichi-gratin" est équivalente aux adjectifs "snob" et "prétentieux" ou qualifie une personne "faisant volontiers étalage de relations, réelles ou imaginaires. L'expression s'appliquait au Tout-Paris salonnard et futile lorsque son inventeur, le danseur et chroniqueur mondain Jacques Chazot, la lança, au tout début des années 1980. « C'est tout chichi-gratin et compagnie, là-dedans ! » (C'est plein de snobinards.)"¹

Une personne qui fait des chichis est une personne chichiteuse. Dans le même registre, on trouve le terme "chochotte" que nous avons lui aussi analysé l'an dernier: http://olivierschopferracontelesmots.blog.24heures.ch/arc....


Le deuxième sens du mot "chichi" est une boucle frisée de cheveux postiches.


Le troisième sens, aujourd'hui désuet, est un terme de modistes et de couturières qui qualifiaient autrefois de "chichis" des fanfreluches, c'est-à-dire des petits bouts d'étoffe servant de parures à un chapeau ou à un vêtement.


Il existe un tout autre chichi qui, lui, se mange. Il s'agit d'un beignet cylindrique cannelé roulé dans le sucre, que l'on peut par exemple acheter dans les fêtes foraines. Il est proche du churro espagnol, avec lequel on le confond souvent. Le mot vient du provençal chichi-frégi, mot à mot "oiseau frit" (Petit Robert). Sur la côte méditerranéenne, on l'appelle sous ce nom-là. "Chichi [tchitchi]: mot dont les enfants se servent pour désigner les petits oiseaux, les insectes, les pous; variante: chichiou [tchitchiou]; étymologie: onomatopée du cri de plusieurs."²


On ne confondra pas "chichi" et "chichon" qui, dans le langage familier, décrit le haschich: boulette de chichon. Le mot pourrait tirer son origine de chicha, verlan de "haschich" (Petit Robert). "Le mot vit sa vie chez les consommateurs modérés depuis les années 1990 en compagnie de son petit frère « chicha » et s'entend assez couramment, dans ce même milieu, au début du XXIème siècle. Plus familier encore: « chichounet », qui donnerait presque à la résine de cannabis des douceurs de roudoudou. Plus exotique car arabe maghrébin d'origine: « zetla », dans le jargon des jeunes des cités."³

Enfin, on ne confondra pas non plus le verlan de "haschich" avec un autre mot d'origine arabe qui s'écrit et se prononce exactement de la même façon: la chicha, une pipe à eau composée de tabac et d'un mélange de mélasse et d'arômes de fruits, que l'on voit de plus en plus aux terrasses de nos cafés.


¹&³Pierre Merle, Nouveau dictionnaire de la langue verte, Éditions Denoël, 2007.

²Dictionnaire provençal-français ou dictionnaire de la langue d'oc, par S.-J.Honnorat, Digne, Imprimerie de Repos, 1846.

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18/02/2015

Chou

 

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En légume ou en pâtisserie, un mot qui a beaucoup à nous raconter.


Le mot "chou" vient du latin caulis, "tige des plantes, chou". "Chou" fait partie des mots se terminant par "ou" dont le pluriel est caractérisé par un "x" et non pas par un "s". Dans cette liste de mots on trouve aussi, par ordre alphabétique tel qu'on l'apprend à l'école, les mots "bijou", "caillou", "genou", "hibou", "joujou" et "pou". Ajoutons le mot "ripou", verlan de "pourri", démocratisé par le film "Les Ripoux" de Claude Zidi sorti en 1984 et figurant depuis dans les dictionnaires.


En tant que légume, le chou comprend plusieurs variétés qui se déclinent sous différents noms, en voici quelques-uns parmi les plus courants: chou blanc, chou vert, chou rouge que l'on consomme cuit ou cru, râpé en salade ou macéré dans du vinaigre, chou-fleur, chou-navet, chou-rave, chou de Bruxelles qui est le bourgeon comestible de la plante, chou frisé, chou cabus ou chou pommé dont le feuillage est lisse.

Un grand nombre d'expressions et de locutions se rapportent au chou:

-Avoir les oreilles en feuilles de chou: avoir les oreilles larges et très décollées. C'est à cette particularité physique que Serge Gainsbourg se réfère sans la nommer directement, dans son album "L'homme à tête de chou" sorti en 1976.

-Faire ses choux gras de quelque chose: faire ses délices ou tirer profit de quelque chose. Autrefois les légumes, et notamment les choux que l'on préparait sous forme de soupe, immortalisée par le roman de René Fallet "La soupe aux choux", roman repris au cinéma sous le même nom, étaient le plat des pauvres qui n'avaient pas les moyens de s'offrir de la viande. Si les choux sont gras, c'est qu'on les a cuisinés avec de la graisse, un bon morceau de lard par exemple, d'où le sens d'"améliorer son ordinaire" ou de "se régaler" véhiculé par l'expression.

-Être dans les choux: être dans une mauvaise posture, dans l'embarras, dans une situation pénible, notamment une situation d'échec. En effet, il faut voir dans cette expression une "paronomase pour « échouer ». Le chou, le légume, compte moins ici que le mot « chou », qui coïncide phonétiquement avec « échouer »."¹ Une paronomase est une figure de style consistant à employer dans une même phrase des mots dont les sons sont à peu près semblables, mais le sens différent, de manière à capter l'attention du lecteur. Et on qualifie de "paronymes" deux mots qui diffèrent par le sens, mais dont la graphie ou la sonorité sont très proches, de sorte qu'ils sont susceptibles d'être confondus lorsqu'on les lit ou qu'on les entend: accès/excès; dépasser/dépenser; tronquer/truquer, etc. Dans notre expression: les choux/échouer. Une paronomase est donc constituée de deux paronymes: tout accès de fureur est le signe d'un excès; se dépenser pour mieux se dépasser; tronquer une partie d'un texte, c'est truquer sa signification.

-Faire chou blanc: échouer, rater son coup. "Il semble bien que cette vieille locution n'ait rien à voir avec la plante nommée chou, mais qu'elle soit empruntée au jeu de quilles, où l'on disait d'un joueur qui n'avait rien abattu qu'il avait fait « coup blanc », coup se prononçant « choup » en dialecte berrichon."² Cette expression dériverait de la précédente "être dans les choux".

-Ménager la chèvre et le chou: user d'adresse et de diplomatie pour se conduire entre deux partis ou deux adversaires de manière à ne blesser ni l'un ni l'autre. "Dans cette curieuse locution, il faut comprendre le verbe ménager, non pas dans le sens actuel d'épargner, mais dans celui qu'il avait autrefois de « conduire, diriger » — que l'anglais a conservé sous la forme quasi internationale de manager et management. Une « bonne ménagère » est étymologiquement celle qui dirige bien les affaires de sa maison. C'est donc « conduire la chèvre et le chou » qu'il faut entendre à l'origine de l'expression, ces deux antagonistes ancestraux, prototypes du dévoreur et du dévoré, du faible et du fort, du couple dominant-dominé qui a toujours besoin d'un arbitre, d'un gardien, d'un législateur. Il faut être habile pour faire cohabiter ces deux ennemis, ou les emmener en voyage. Une histoire fort ancienne illustre la difficulté de leur « conduite »: c'est le fameux problème du passage d'un loup, d'une chèvre et d'un chou. Un homme doit faire traverser une rivière à ces trois « personnages », mais le pont est tellement étroit, ou la barque si frêle, qu'il ne peut en passer qu'un seul à la fois. Bien sûr, il ne saurait à aucun moment laisser ensemble sans surveillance ni le loup avec la chèvre, ni la chèvre avec le chou ! Il doit donc faire appel à une astuce particulière, sujet de la devinette, et vous pouvez mettre la sagacité de vos amis à l'épreuve de ce classique qui a fait la joie de nos aïeux. Solution: on passe d'abord la chèvre, le loup et le chou restant seuls ne se feront aucun mal. On la laisse de l'autre côté et on revient « à vide » chercher le chou. Une fois celui-ci sur l'autre rive — c'est là l'astuce — on ramène la chèvre avec soi. On la laisse seule à nouveau, pendant que l'on fait traverser le loup que l'on ré-abandonne avec le chou, mais sur l'autre bord. On a alors tout le loisir, dans un aller-retour supplémentaire, d'aller rechercher la chèvre, afin que les trois protagonistes se retrouvent sans dommage sur la rive opposée, en compagnie de leur habile gardien."³

-Prendre le chou: déranger, énerver, excéder quelqu'un. Dans cette expression, le mot "chou" est à comprendre dans le sens argotique de "tête". On peut d'ailleurs aussi dire: prendre la tête à quelqu'un. Et on dit d'une personne stupide qu'elle "n'a rien dans le chou". Une personne intelligente, elle, "en a dans le chou". Pour d'autres synonymes de "tête", voir: http://olivierschopferracontelesmots.blog.24heures.ch/arc....

-C'est bête comme chou (comprenez: bête comme un chou): c'est très facile, c'est une chose extrêmement simple à réaliser. Le chou est un légume banal, que tout le monde connaît et reconnaît, d'où le sens de l'expression. Formules synonymes: c'est enfantin, c'est un jeu d'enfant.

-Une feuille de chou: un journal de mauvaise qualité, qui a peu d'importance. Là aussi, le sens de l'expression se rapporte à la banalité du chou, à son manque de valeur. On peut aussi qualifier de "canard" un mauvais journal, généralement d'actualités. Cela viendrait du fait qu'autrefois, le mot "canard" était un surnom péjoratif donné aux personnes trop bavardes qui aiment cancaner. Par extension, et par allusion aux journalistes qui relaient les évènements, le mot a ensuite été donné au journal. Et au XVIIIème siècle, on appelait "canard" une "fausse nouvelle lancée par la presse pour abuser le public" (CRNTL), une "rumeur" dans le langage d'aujourd'hui.

-Rentrer dans le chou à/de quelqu'un: attaquer quelqu'un, physiquement ou verbalement, provoquer un affrontement. L'expression fait sans doute allusion au fait de frapper quelqu'un à la tête.

-Un (petit) bout de chou: un petit enfant. Autrefois, on disait aux enfants qu'ils naissaient dans les choux. L'origine de cette expression pourrait venir de là. Un bout de chou: littéralement, un petit enfant issu d'un chou. De là aussi pourrait dériver le terme de tendresse "mon chou, mon petit chou": mon chéri. Dans cet emploi, on trouve le féminin "choute": ma choute, ma chérie. Redoublement expressif de "chou", un "chouchou" ou une "chouchoute" est le/la préféré(e) dans un groupe: c'est la chouchoute de la maîtresse. Dans la même famille, le verbe "chouchouter" signifie "choyer particulièrement": ses parents l'ont trop chouchouté. En revanche, "chou" en tant qu'adjectif serait la forme abrégée de l'adjectif "chouette": c'est chou, comme tu es chou/te, comprenez "c'est chouette", "comme tu es chouette".

Et voici trois expressions anciennes que l'on utilise plus rarement:

-Ne pas valoir un trognon de chou: n'avoir aucune valeur.

-Aller à travers choux: agir avec étourderie.

-Aller planter ses choux: se retirer à la campagne ou quitter la vie active, prendre sa retraite.

-Envoyer quelqu'un planter ses choux: congédier, renvoyer quelqu'un.


En Belgique, on dit "c'est chou vert et vert chou" pour "cela revient au même". Expressions synonymes: c'est kif-kif, c'est blanc bonnet et bonnet blanc.


Par analogie de forme, le chou est également un petit gâteau rond soufflé et souvent garni de crème. On appelle notamment "croquembouche" une pièce montée formée de petits choux à la crème caramélisés: http://olivierschopferracontelesmots.blog.24heures.ch/arc.... Un chou parsemé de sucre perlé est une "chouquette". Salé, le chou prend le nom de "gougère": il s'agit d'un plat bourguignon à base de fromage râpé assez corsé comme du comté ou du gruyère. Toutes ces spécialités sont à base d'une "pâte à choux" composée de farine, d'eau ou de lait et de beurre. Son nom d'origine serait "pâte à chaud" et elle serait née en Italie. "Vers 1540, un certain Pantarelli, dit Popelini, entremettier de la suite de Catherine de Médicis, aurait introduit en France la « pâte à chaud », desséchée sur le feu, à partir de laquelle il avait mis au point un délicieux gâteau, le popelini (ou « popelin »). En fait, la première recette française de la pâte à choux revient à Lancelot de Casteau qui l'utilise à la fois en « paste de bugnolle » — ses beignets sont frits dans le beurre comme c'était l'usage au XVIIe — et pour confectionner des petits choux" (Annie Perrier-Robert, Dictionnaire de la gourmandise, Éditions Robert Laffont, S.A., Paris, 2012).


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¹Marc Fumaroli, Le livre des métaphores, Éditions Robert Laffont Bouquins, 2012.

²Maurice Rat, Dictionnaire des locutions françaises, Éditions Larousse, 1957.

³Claude Duneton, La puce à l'oreille, Éditions Stock, 1978.


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08/02/2015

Crisser, grincer, grincheux

 

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Quelque chose qui crisse produit un son aigu de frottement, le plus souvent désagréable: faire crisser les pneus d'une voiture dans un virage, gravier qui crisse sous les pas, craie qui crisse sur le tableau noir. Dans un registre auditif plus plaisant, les cigales, les grillons et les sauterelles aussi crissent en frottant leurs ailes.

Le verbe "crisser" est intransitif: il ne peut pas être suivi d'un objet direct, sauf s'il est précédé du verbe "faire". C'est le cas également pour le verbe "grincer", proche de "crisser": impossible en effet de grincer quelque chose, c'est toujours quelque chose qui grince ou que l'on fait grincer. "Grincer", forme nasalisée de l'ancien verbe grisser, lui-même doublet de "crisser" (CNRTL), c'est émettre un son aigre en serrant les dents les unes contre les autres sous l'action de l'agacement, de la douleur ou de la colère: grincer des dents. On peut aussi "crisser des dents", mais cela se dit moins couramment. Dans le langage médical, la tendance à grincer des dents pendant le sommeil ou par habitude maniaque s'appelle "bruxisme" ou "bruxomanie". Pour autre chose que les dents, "grincer" équivaut à produire un son aigu et prolongé, pénible pour les oreilles: porte qui grince. Enfin, tout comme le verbe "crisser", "grincer" aussi possède son animal: on dit que la chauve-souris grince lorsqu'elle crie.

Autrefois, le verbe "grincher" était synonyme de "grincer". Cet emploi est aujourd'hui vieilli, mais il reste l'adjectif "grincheux" qui qualifie quelqu'un qui est d'humeur maussade et revêche, "grincheux" signifiant littéralement "qui grince facilement des dents". Synonymes: acariâtre, grognon, hargneux. En Suisse romande, on utilise le régionalisme "gringe" ou "grinche". "La forme gringe domine largement dans les cantons de Vaud, du Valais, de Genève et de Neuchâtel; grinche est la forme la plus fréquente dans les cantons de Berne et du Jura, mais on la relève aussi sporadiquement dans les cantons de Vaud, de Fribourg et de Neuchâtel."¹

Au Québec, c'est le terme "marabout" qui désigne une personne de mauvaise humeur, désagréable et irritable: le matin, il/elle est très marabout. Cette acception du mot viendrait de la deuxième partie du XIXème siècle où "marabout" était un terme populaire qui définissait un homme laid et mal bâti (Petit Robert). Dans le Glossaire du Morvan; étude sur le langage de cette contrée comparé avec les principaux dialectes ou patois de la France, de la Belgique wallonne, et de la Suisse romande par Eugène de Chambure (1878), on retrouve le mot "marabou": "Petite marmite sur trois pieds et en fonte. Le « marabou » morvandeau n'a point d'anse. D'où vient ce terme ? Acceptera-t-on pour cet humble ustensile de la plus humble des cuisines l'explication donnée pour le « marabou » à anse dans lequel on fait chauffer de l'eau ? A-t-il été appelé ainsi parce qu'il ressemble à un petit temple rustique desservi par un marabout ! Ce serait bien ingénieux. En rouchi on appelle « marabou » un gros homme trapu. Verra-t-on dans cette qualification le portrait du desservant ?"

Revenons au verbe "crisser", et repartons pour le Québec où ce verbe, dérivé du juron "Christ !", juron d'origine religieuse comme d'ailleurs beaucoup de jurons québécois², possède une autre signification que la nôtre dans le langage populaire, avec en plus un emploi transitif: "envoyer, jeter, rejeter". Crisser quelqu'un dehors: mettre quelqu'un à la porte. Crisser une claque à quelqu'un: donner une claque à quelqu'un. On peut aussi utiliser ce verbe pronominalement: "se crisser de quelque chose" ou "s'en crisser", c'est se foutre royalement d'une situation.

Terminons sur une note étymologique et historique: "crisser" viendrait de l'ancien bas francique kriskjan, "pousser un cri strident, grincer des dents", que l'on peut déduire du moyen néerlandais crîscen, crijsscen et du moyen bas allemand krischen, krisken (CNRTL). Le francique était la langue parlée par les Francs, un peuple germanique apparu au moment des grandes invasions barbares. Lors de la dernière vague de ces invasions, entre 486 et 511, les Francs de Clovis conquièrent la Gaule. À l'Empire romain disparu en Occident en 476, succède une mosaïque de royaumes barbares dont un seul a survécu, celui des Francs, qui a donné son nom à la France et aux Français. Le francique, en revanche, est une langue qui s'est éteinte au VIIIème siècle.

Le dictionnaire Littré, quant à lui, voit dans l'origine du verbe "crisser" une simple onomatopée.


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¹Dictionnaire suisse romand, particularités lexicales du français contemporain, conçu et rédigé par André Thibault, Éditions Zoé, 1997.

²Citons entre autres "tabarnac !" ou "tabarnak !" (tiré de "tabernacle") et "câlice !" qui fait bien sûr référence au calice de la religion catholique.