06/01/2015

Nouveau

 

depositphotos_6280034-Art-Nouveau-pattern.jpg

 

Un adjectif qui s'impose en ce début d'année.


L'adjectif "nouveau" ou "nouvel, nouvelle" lorsqu'il est placé devant une voyelle ou un h muet a le sens général de "neuf". Mais nous allons voir que sa place avant ou après le substantif entraîne de subtiles variations de sens.


***


Commençons par deux locutions adverbiales: "à nouveau" et "de nouveau". Sont-elles parfaitement synonymes ou existe-t-il une nuance entre les deux ? La langue moderne tend à la négliger, mais il convient de faire une distinction.

-On utilise "à nouveau" pour exprimer que l'on refait quelque chose d'une nouvelle façon: j'ai raté ce dessin, je vais le faire à nouveau, c'est-à-dire d'une autre manière; elle nous écrit à nouveau pour savoir quand nous irons la voir, sous-entendu elle nous a déjà écrit auparavant une lettre où elle faisait la même requête, mais les termes étaient différents; j'ai examiné à nouveau la question, je l'ai donc examinée sur de nouvelles bases.

-"De nouveau" est employé pour exprimer que l'on refait quelque chose exactement de la même façon: j'ai raté ce dessin, je vais le faire de nouveau, c'est-à-dire d'une manière identique, ce qui implique qu'il sera raté une seconde fois; j'ai examiné de nouveau la question, je l'ai donc simplement étudiée une fois de plus, sans chercher à trouver un nouvel angle d'approche.

Et on ne confondra pas "de nouveau" en tant que locution adverbiale avec "de nouveau" dans le sens de "comme nouveauté": je ne vois pas ce que ce projet peut nous apporter de nouveau.


***


Passons maintenant à l'adjectif "nouveau". Il se range sous deux définitions: "qui n'existait pas avant" et "qui vient remplacer".


Selon la première définition, "nouveau" signifie tout d'abord "qui apparaît pour la première fois, qui vient d'apparaître ou d'être découvert". Dans ce sens-là, "nouveau" se place le plus souvent après le substantif.  Exemples: une invention nouvelle, une ville nouvelle, des pommes de terres nouvelles, les énergies nouvelles, le beaujolais nouveau est arrivé, un modèle nouveau, un mot nouveau, un terme nouveau. 

Mais on rencontre aussi dans certains cas l'adjectif "nouveau" placé avant le substantif: un nouveau film, un nouveau livre.

Dans le langage du droit, des "faits nouveaux" sont des faits produits ou révélés après une condamnation et justifiant la révision du procès. 

Le proverbe "tout nouveau, tout beau" signifie que ce qui est nouveau est apprécié, mais sera délaissé ensuite.

Rien de nouveau sous le soleil (locution): rien de nouveau n'est à signaler, c'est toujours la même chose.

"Nouveau" peut aussi être utilisé comme substantif: il y a du nouveau dans cette affaire, le goût du nouveau.


Le deuxième sens de "nouveau" caractérise quelqu'un ou quelque chose qui est depuis peu de temps ce qu'il est. L'adjectif se place alors avant le substantif. Les nouveaux riches, le nouveau gouvernement, le nouveau ministre des Transports, les nouveaux mariés, le nouveau/la nouvelle venu(e).

En tant que substantif, "le nouveau" ou "la nouvelle" qualifie une personne qui vient d'arriver dans un groupe dont les membres se connaissent tous depuis longtemps: il y a trois nouveaux dans la classe cette année.


Le troisième sens de "nouveau" est "qui tire de son caractère récent une valeur de création, d'invention". "Nouveau" s'apparente alors aux adjectifs "inédit", "insolite", "novateur", "original" et se place après le substantif. Un art nouveau, un style nouveau, un langage nouveau.

L'"Art nouveau" est un mouvement artistique de la fin du XIXème et du début du XXème siècle qui se caractérise par des lignes courbes appelées "arabesques" et par la présence de couleurs et d'ornementations inspirées de la nature. Synonyme (anglicisme): modern style. On confond souvent Art nouveau et Art déco. Mais ce dernier est apparu après l'Art nouveau, dans les années 1920, et en réaction à l'Art nouveau: l'Art déco consiste en un retour à la rigueur classique, lignes épurées et symétrie rigoureuse, les arabesques cédant la place aux angles droits, se caractérise par une forte influence dans l'architecture et le design et s'inspire d'autres civilisations, notamment grecque et égyptienne. Le terme "Art déco" tire son nom de l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes qui eut lieu à Paris en 1925.


Enfin, "nouveau" est employé dans le sens de "ce qui était jusqu'ici inconnu de quelqu'un, dont on n'a pas l'habitude". Il se place après le substantif: c'est pour moi une chose nouvelle, un sentiment nouveau, voir les choses sous un jour nouveau, rencontrer des têtes nouvelles.

La locution "infuser un sang nouveau à quelqu'un" signifie que l'on anime cette personne d'une vie, d'une énergie nouvelle.


Examinons à présent la deuxième définition: "nouveau" dans le sens de "qui vient remplacer". "Nouveau" qualifie alors ce qui apparaît après quelque chose d'autre qu'il remplace, au moins provisoirement, ou tend à remplacer dans notre vision, dans nos préoccupations. Il se place avant le substantif et fonctionne par opposition aux adjectifs "ancien" et "vieux". Exemples: la nouvelle cuisine, la nouvelle lune, Nouvel An, le Nouveau Testament, le Nouveau Monde, le nouveau roman, la nouvelle vague, les nouvelles technologies.

Dans le cas de personnes, "nouveau" est utilisé pour décrire des gens qui, dans une catégorie, présentent des caractéristiques inédites par rapport à la tradition: les nouveaux réalistes, les nouveaux pères, les nouveaux bourgeois.


"Nouveau" peut aussi se rapporter à quelque chose ou quelqu'un qui a succédé ou s'est substitué à quelque chose ou quelqu'un d'autre. Là aussi, l'adjectif se place avant le substantif: son nouveau mari, acheter une nouvelle maison, jusqu'à nouvel ordre, se lancer dans une nouvelle aventure. On rencontre aussi des expressions géographiques comme la Nouvelle-Zélande ou la Nouvelle-Orléans.


***


L'adjectif "nouveau" peut se combiner à un participe passé et donner le mot "nouveau-né(e)", de "nouveau" dans le sens de l'adverbe "récemment" et "né", participe passé du verbe "naître", "nouveau-né" pouvant être utilisé comme adjectif ou comme substantif: un enfant nouveau-né, une petite fille nouveau-née; les cris du nouveau-né. Dans le monde médical, on entend par "nouveau-né" un bébé qui a moins de vingt-huit jours. Synonyme: nourrisson. Au pluriel, "nouveau-né" ne s'accorde que pour le participe passé: des nouveau-né(e)s.


***


Enfin, du côté de l'étymologie, "nouveau" est isssu du latin novellus, diminutif de novus, "neuf, jeune" et "nouveau". En ancien français, on disait novel. Ce mot se retrouve en anglais dans novel, "nouveau" dans le sens d'"inédit, original" et "roman", ainsi que dans novelty, "nouveauté". En italien, "nouveau" se dit nuovo, en espagnol nuevo, en portugais novo, en allemand neu et en anglais new. En français, on retrouve bien sûr dans la même famille des mots comme "renouveau", "renouveler", "innovation", "rénover", "rénovation" et "novice". Last but not least, le nom de la ville de Neuchâtel, littéralement "nouveau château", s'inscrit également dans cette famille (Petit Robert).


18:13 Publié dans Allemand, Anglais, Architecture, Culture, Espagnol, Grammaire, Italien, Latin, Portugais | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | |

22/11/2014

Chef !

le-chef-de-gare-magnifique.jpgLe mot "chef" est issu du latin caput, capitis, "tête (d'homme ou d'animal)", au sens figuré "bout, extrémité, pointe", d'où "ce qui est important" et "celui qui est à la tête de".

"Chef" a coexisté dans la langue française comme synonyme de "tête" jusqu'au XVIème siècle. Ce sens subsiste dans un mot et dans deux locutions que l'on utilise aujourd'hui encore:

-Couvre-chef: chapeau.

-Branler, opiner du chef: approuver les propos de son interlocuteur en bougeant la tête (on peut aussi dire "opiner du bonnet").

-De son chef, de son propre chef ou de son plein chef: de sa propre initiative, de soi-même, par une décision personnelle. Agir, faire quelque chose de son propre chef. Dans cette locution figurée, le mot "chef" est à comprendre comme représentant le pouvoir de décider ou de juger que possède une personne.

Le mot "chevet" appartient à la même famille. Il dérive du latin classique capitium, "ouverture supérieure d'un vêtement par lequel on passe la tête" et, en latin médiéval, "tête de lit", "partie d'une église". On appelle en effet "chevet" la partie du lit qui est proche de la tête. On parle d'une "lampe de chevet" et d'une "table de chevet". Il y a bien sûr aussi le "livre de chevet" que l'on garde à portée de main et que l'on consulte avant de s'endormir. L'expression "au chevet de quelqu'un" signifie "auprès du lit de quelqu'un": s'asseoir, rester au chevet d'un malade pour lui prodiguer des soins. En architecture, le chevet désigne la partie d'une église qui se trouve à la tête de la nef, derrière le chœur, généralement de forme arrondie.

Des mots comme "cap", "capital", "capitale", "capiteux" ou "décapiter" ont la même origine.


Dans le sens figuré de "ce qui est principal, essentiel", le mot "chef" signifie dans le langage juridique un "élément particulier d'une action en justice, groupé avec d'autres dans une même procédure"; chef d'accusation: point sur lequel porte une accusation. Il existe aussi la locution "au premier chef": en premier lieu, avant tout, au plus haut point. Il importe au premier chef de recueillir des témoignages: il est capital de recueillir des témoignages. Dans la même famille, les mots "chef-d'œuvre" et "chef-lieu", ainsi que le Capitole romain, du latin Capitolium, lui-même dérivé de caput dans le sens de "sommet", puisque le Capitole est l'une des sept collines de Rome et qu'autrefois, il s'agissait du centre religieux et politique de la ville. Le mot pourrait aussi devoir sa source à la découverte d'une tête dans les fondations du temple de Jupiter Capitolin, l'un des anciens monuments du Capitole, terminé à la fin du VIème siècle avant J.-C., mais cette origine est fortement controversée. Mentionnons également le Capitole des Etats-Unis situé à Washington et, plus près de chez nous, le plus ancien cinéma de Lausanne ouvert en 1929 et qui est aussi la plus grande salle de cinéma encore en activité en Suisse: le Capitole, avenue du Théâtre 6.


Le sens le plus courant du mot "chef" est celui de la personne qui est à la tête de quelque chose, qui dirige, commande, gouverne. En Suisse romande, le féminin "cheffe" est aujourd'hui très répandu. Un "petit chef" est une personne qui possède une supériorité hiérarchique modeste, mais qui abuse de son autorité: jouer au petit chef. On peut aussi dire: chefaillon ou capo (diminutif péjoratif de "caporal" qui nous vient aussi du latin caput, tout comme le mot "capitaine"). Un(e) sous-chef(fe) est le/la responsable hiérarchique qui vient immédiatement après le/la chef(fe).

On trouve des chef(fe)s partout, dans tous les milieux et dans toutes les professions. En voici une liste non exhaustive:

-Chef d'entreprise. Synonymes: patron, PDG.

-Chef d'État. Synonyme: président.

-Chef de chantier. Synonyme: contremaître.

-Chef de gare, de train.

-Dans le langage militaire, chef d'état-major, chef de section (synonymes: lieutenant, sous-lieutenant ou adjudant).

-Chef d'une secte. Synonymes: chef spirituel, gourou.

-Chef de famille: personne qui assure la direction matérielle et morale de la famille.

-Chef d'orchestre, chef de chœurs.

-Chef de cuisine, chef cuisinier ou simplement chef. Autrefois, on disait "maître queux" (du latin coquus, "cuisinier"). Un "chef de partie" est un cuisinier confirmé qui a une responsabilité précise et qui est aidé dans sa tâche par un ou plusieurs commis. La "surprise du chef" est un plat concocté par le chef pour surprendre un client, il s'agit généralement d'un dessert. Par extension, dans le langage familier, on appelle aussi comme cela un événement inattendu et agréable.

-Pour certaines professions ou fonctions, le mot "chef" se place en apposition: médecin-chef, adjudant-chef, sergent-chef, gardien-chef.


Sans avoir de responsabilité particulière au sein d'une équipe de collaborateurs, on peut aussi nommer "chef" une personne que l'on considère comme remarquable. Synonymes: as, champion. Et on utilise la locution familière "se débrouiller comme un chef" pour qualifier quelqu'un qui se débrouille très habilement,.

La locution "en chef" signifie "en qualité de chef", "en premier": le rédacteur en chef d'un journal, le conservateur en chef d'un musée, le général en chef d'une armée.


Le français a fourni à l'anglais les mots chief et l'ancien kerchief, "fichu" (emprunté à l'ancien français cuevrechief, "couvre-chef", au XIIIème siècle), qui se retrouve dans l'actuel handkerchief, "mouchoir". "Chef" dans le sens de "patron" est également passé en espagnol (jefe), en catalan (xef) et en allemand (Chef). Enfin, on retrouve les mots "capitaine" et "caporal" en anglais (captain, corporal), en allemand (Kapitän, Korporal) et en néerlandais (kapitein) (Petit Robert).

16/05/2014

La lanterne (rouge, mais pas seulement)

 

LANTER~2.JPG

 

 

On trouve la lanterne dans quelques expressions, mais ce n'est pas toujours celle que l'on croit.

 

Le mot "lanterne", qui vient du latin lanterna, a plusieurs significations.

 

Il s'agit tout d'abord d'une boîte à parois transparentes qui abrite une lumière, souvent une bougie. Une lanterne chinoise est une lanterne en papier, généralement coloré. Une lanterne vénitienne est elle aussi en papier de couleur, mais souvent plissée en accordéon et employée dans les fêtes, les illuminations. On peut aussi dire "lampion". Un falot est une lanterne portative emmanchée au bout d'un bâton et que l'on peut porter à la main. Un fanal est un feu ou une lanterne placé(e) en un endroit élevé pour servir de repère ou de signal dans la nuit.

Par analogie, on appelle aussi "lanternes" ou "veilleuses" les feux de position d'une automobile que l'on allume lorsque la visibilité est mauvaise.

 

L'expression "prendre des vessies pour des lanternes" signifie "se faire des illusions sur des choses ou des gens", "se tromper lourdement" ou "croire des choses absurdes". Cette expression est très ancienne, puisqu'elle existe depuis le XIIIème siècle, mais elle se présentait à l'époque sous une autre forme: vendre vessies pour lanternes (vendre vecies por lanternes). Autrefois, au sens figuré, une "vessie" était une "chose sans importance, sans valeur" et le mot "lanterne" utilisé au pluriel avait le sens de "propos sans importance, fadaises"¹. Il existait aussi le mot "lanternerie": discours frivole; "dire des lanterneries". Et on disait "conter des lanternes" ou "lanterner" pour "raconter des balivernes", ainsi que, proverbialement et populairement, "lanterner les oreilles": importuner, fatiguer par des discours impertinents et hors de propos². L'expression "prendre des vessies pour des lanternes" fonctionne sur le principe de la répétition dans le but de souligner la bêtise de quelqu'un qui croit une histoire invraisemblable plutôt qu'une autre qui se révèle être tout aussi absurde.

L'expression varie selon les langues. En italien, on dit prendere lucciole per lanterne: prendre les vers luisants pour des lanternes.

 

La locution familière "être la lanterne rouge" désigne le dernier d'une course sportive, notamment dans le langage du cyclisme, et, par extension, la dernière personne d'une compétition ou d'un classement. Cela vient du signal lumineux placé à l'arrière du dernier véhicule d'un train et qui porte le même nom. Dans un tout autre registre, une lanterne rouge indiquait autrefois qu'une maison close était ouverte. On peut observer de nos jours une image similaire dans le Red Light District d'Amsterdam, où des lumières rouges éclairent toujours les vitrines des prostituées.

 

Du XVIème au XVIIIème siècle, une lanterne était un fanal spécialement destiné à l'éclairage de la voie publique. Pendant la Révolution, il existait l'expression "mettre à la lanterne": pendre quelqu'un aux cordes d'un réverbère. Cette expression avait été inspirée par le cri révolutionnaire "Les aristocrates à la lanterne !" par lequel le peuple réclamait ces exécutions sommaires (Petit Robert). Les premiers réverbères à gaz ont fait leur apparition à la fin du XVIIIème siècle. "Les voleurs de nuit redoutent les réverbères", écrivait  le philosophe et encyclopédiste français Jean le Rond d'Alembert (1717-1783).

 

À partir de la fin du XVIIème siècle, apparaît la "lanterne magique": un appareil muni d'un dispositif optique permettant de projeter, agrandies sur un écran, des images peintes sur verre. C'est de là que vient l'expression "éclairer la lanterne de quelqu'un": fournir à quelqu'un les renseignements nécessaires pour qu'il comprenne clairement. Une expression elle-même inspirée par une fable de Jean-Pierre Claris de Florian, un poète et romancier français qui vécut au XVIIIème siècle. Dans "Le singe qui montre la lanterne magique", "les spectateurs, dans une nuit profonde, écarquillaient leurs yeux et ne pouvaient rien voir" parce que le singe "qui parlait éloquemment n'avait oublié qu'un point: c'était d'éclairer sa lanterne".

 

En architecture, une lanterne est un dôme vitré qui éclaire par en haut un édifice, ou une petite tour percée d'ouvertures laissant passer la lumière, souvent garnie de colonnettes, qui surmonte un bâtiment: la lanterne du Panthéon de Paris. Un lanternon ou lanterneau est une petite lanterne architecturale placée au sommet d'un comble, d'un dôme ou d'un escalier pour en assurer l'aération ou l'éclairage. On appelle aussi comme cela l'ouverture située dans le toit d'une caravane.

 

Une lanterne des morts est un édifice en forme de tour que l'on construisait au Moyen-Âge dans certains cimetières et au sommet duquel on plaçait un fanal la nuit pour en signaler la présence.

 

Aujourd'hui, le verbe "lanterner" signifie "perdre son temps en s'amusant à des riens ou parce que l'on hésite". Synonymes: lambiner, musarder, traîner. Cela est en rapport avec l'ancien sens du verbe que l'on a vu plus haut: raconter des balivernes, donc utiliser son temps inutilement. Au moment de la Révolution française, "lanterner" avait aussi pris la signification de "pendre quelqu'un à un réverbère", l'équivalent de "mettre à la lanterne". Enfin, "faire lanterner quelqu'un", c'est "faire attendre quelqu'un", toujours avec la notion de temps gaspillé, et avec en plus l'idée qu'on se joue de la personne, qu'on la trompe par des promesses vaines et des faux prétextes.

 

Jadis, un lanternier était un allumeur de lanternes publiques ou, selon le contexte, un "diseur de fadaises" ou encore "un homme irrésolu, indéterminé en toutes choses"³. Au XIXème siècle, on qualifiait ainsi un patron de maison close.

 

¹Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL).

²&³Dictionnaire de l'Académie française, 1765 et 1835 ("lanterner les oreilles", 1765).

 

07:13 Publié dans Architecture, Culture, Italien | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |